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6.10.19

Le paradoxe de la vitre fermée. Est-ce qu’elle est ouverte ? Il y a cette ficelle noire, elle pendouille avec diverses variations, que j’avais enfermée cet été dans cette espèce de verrou ouvert, mais vide, où aurait dû se trouver la manivelle pour descendre le volet roulant, sauf qu’il est cassé, mais pourquoi est-ce que je raconte ça ? Pourquoi est-ce que j’écris ? Pourquoi est-ce que j’écris alors que, manifestement, en ce moment, je n’ai pas la moindre envie d’écrire ? Zéro (0). Pourquoi est-ce que je vis ? Pourquoi est-ce que la vie existe ? Je ne sais pas. Toutes ces questions, je ne sais pas si elles ont un sens. Mais quoi ? Faut-il s’empêcher de les poser ? Le paradoxe de la vitre, le voici : je vois dedans et je vois dehors, je vois la vitre, et je vois le reflet, je vois ce qu’il y a derrière la vitre, et je vois la vitre elle-même, je me vois moi, la vitre et tout ce qu’il y a au-delà. Mais il n’y a pas l’ombre d’un paradoxe. Non, il n’y a pas d’ombre, c’est-à-dire pas de place pour un paradoxe. C’est tout le paradoxe. Pourquoi suis-je en vie ? Je ne sais pas. Pourquoi ce genre de questions ? J’ai beau chercher, je ne trouve pas. Je n’ai pas envie d’écrire et pourtant je ne pense qu’à ça. ÉCRIRE. Est-ce que je suis malade ? Peut-être que je suis malade, peut-être que je souffre sans le savoir d’une forme contradictoire de graphomanie. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Je suis tellement malade. Je suis tellement banal. Si peu intéressant. Est-ce que j’existe vraiment ? Si je cessais d’exister, quelle différence est-ce que ce manque ferait ? Zéro (0). Pas de manque. Tout s’équivaut. Dans le reflet de la vitre, il y a des lumières qui brillent, pas de doute, je sais d’où elles viennent. J’ai eu envie de faire semblant, de feindre le doute, de feindre le double, moi, ici, le reflet, là-bas, mais non, toutes ces idées sont médiocres. Pourquoi est-ce que j’écris ? Tout est nul, vraiment. Les gens qui t’aiment. Les gens qui t’humilient. Ils se ressemblent tous. Et ceux qui t’ignorent ? Tous les mêmes aussi. Passants sans visage. Êtres sans âme. Comment être sûr que les autres ont une âme ? On ne peut jamais être sûr. Les autres mentent, mentent très bien, et peut-être que c’est toi, qui n’as pas d’âme. Qui es-tu ? Qui te connaît ? Qui sait qui tu es ? Qui sommes-nous ? Qui suis-je ? N’ai-je pas passé toute ma vie à mentir ? À me voiler la vérité ? La vérité, c’est le dévoilé, mais qu’en est-il de qui voile le dévoilé ? Qu’est-ce que je raconte ? N’est-ce pas maintenant que les choses deviennent intéressantes ? Quand on ne sait plus ce qu’on raconte, quand on ne comprend plus ce qu’on raconte, quand tout devient abstrait, quand tout devient superconcret, quand les questions qui se posent se superposent, flottent dessus la surface, forment une autre surface ? L’enfant et moi, nous parlons longtemps avant que la parole vienne, la parole qui fait souffrir, la parole qui fait vivre, la parole qui fait exister, libère, personne ne sait comment dire. L’enfant et moi, nous parlons, et tout le reste, tout autour, tout le monde, le monde entier, l’univers, c’est-à-dire, s’efface, estompe, tombe dans une manière d’oubli d’où qui saura le tirer, ni moi ni l’enfant ne savons. La planche est savonnée, qui sommes-nous pour parler ?

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