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7.11.19

Le système médiatique vedettisée (structuré autour de stars plus ou moins grandes) s’oppose à la littérature. Il s’oppose à l’art. Il impose des unités de mesures qui sont les ennemies de la littérature. Sont les ennemies de l’art. Ces unités de mesure sont : les chiffres de vente et la mesure d’audience. Cette dernière tout autant que la première. Une star prend la parole et monopolise l’attention. Désormais, c’est en fonction de ce qu’elle a dit — qui,  généralement, est autocentré, égocentrique, c’est quelque chose de vécu, moi, il m’est arrivé ça — que tout le monde doit se positionner, pour ou contre, dans une sorte de sclérose du langage qui raidit la pensée. La littérature, c’est tout le contraire. La pensée s’y assouplit, au lieu de s’ossifier pour faire débat. La littérature est l’ennemie de la littérature. Comme tout art est l’ennemi de lui-même. Un art qui est soumis à l’injonction du social, du politique, de l’immense marché de l’industrie de la culture, c’est-à-dire : l’industrie tout court, laquelle industrie n’a besoin que de supports de communication, d’œuvres qui se cernent au premier coup d’œil, qui se résument en une phrase, qui se comprennent facilement et s’oublient aussi vite. Il faut toujours passer à autre chose. D’où ces exclamations d’admirateurs fanatiques, qui s’écrient que telle prise de position « change tout ». Tous les jours, il se passe quelque chose qui change tout. Tous les jours quelque chose de nouveau. Et pourtant, semble-t-il, jamais jour n’a tant ressemblé à la veille. Les artistes sont des marchands, des commerçants. Ils ne s’en cachent pas. Au contraire, il faut l’affirmer haut et fort. Au début, cela passait pour une provocation. Désormais, c’est un poncif. On raconte sa vie dans des entretiens. C’est la meilleure introduction à l’œuvre. L’entretien dispense même de s’y intéresser. Oh, on est romantique, oui, on veut changer le monde, tout en pratiquant l’évasion fiscale. C’est ainsi. Il ne faut pas croire que je me plains, me lamente, parce que, moi, je ne vends pas de livres. Après tout, je n’en écris même plus. Non, je ne me plains pas, je ne me demande qu’une chose : combien de temps va-t-il encore falloir supporter ce tas de conneries ?

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