14.1.20

D’ailleurs, qui a jamais voulu arrêter le progrès ? Ne voulons-nous pas tous que les choses changent, même les conservateurs de fait qui veulent que les choses changent à l’envers pour revenir comme elles étaient avant, mais tout le monde sait bien que c’est impossible, même eux, aussi sont-ils tristes, gris, vieillissants, si le conservatisme conservait il n’y aurait que des jeunes conservateurs, sauf que les progressistes, eux aussi, vieillissent, les idées qui naguère semblaient neuves ont la peau flétrie comme une pomme oublié dans un panier, bientôt elle aura toute séché, c’est l’effet défraîchissant de l’actualité, on court toujours après, en espérant en être, et quand on y est, on finit toujours par en sortir, plus ou moins vite plus ou moins auréolé de gloire, plus ou moins humilié (une idée : ne jamais y entrer), ne voulons-nous pas tous que les choses changent, sans doute, mais quelles choses, oui, quelles choses ? Hier, j’ai pensé écrire quelque chose à quelqu’un, en guise de réponse à quelque chose qu’elle m’avait écrit, et puis finalement non, j’en ai parlé à Nelly à la place. Est-ce que ça suffit ? Je ne sais pas. Je crois que Nelly a envie d’entendre, au moins d’écouter, alors que celle à qui je destinais ce que je voulais écrire, à en juger par ce que je peux juger, non. Effet de mon pessimisme, probablement. Mais le pessimiste ne redoute pas que les choses changent, il sait bien qu’elles vont changer, sinon il ne serait pas pessimiste, simplement, pense-t-il, les choses vont changer en pire. Est-cela que je pense, moi ? Oui et non. Il n’est pas interdit, quand on est déçu, d’espérer que les choses s’améliorent. Mais quelles choses, oui, quelles choses ? Je ne sais pas. Ou alors je sais, mais je n’ai pas envie de le dire. Pas envie de ressasser. Attitude lasse, oui, je le crains, pour trouver ce surplus d’énergie dont j’ai besoin, je m’astreins à courir (je courais moins depuis un mois), la semaine dernière déjà, mais l’hospitalisation de mon père a chamboulé le programme que je m’étais fixé. Tout change tout le temps. Ou presque. Ce qui ne change pas : pas envie d’en parler. Je m’astreins à courir. 5 kilomètres par jour. Est-ce suffisant ? Efficace ? Je ne sais pas. Question de graisse. Question de grâce. Besoin de me concentrer. Depuis que j’ai fini les habitacles, pas moyen de trouver comment. Cela ne fait que quelques jours, me diras-tu. Mais j’ai envie que ça aille vite, plus vite. Et en même temps plus lentement. Penser vite vivre lentement. Ou quelque formule éthique de ce genre ou d’un autre.

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