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16.1.20

Que vaut le génie d’une époque dont l’acte de naissance fut de hisser un cheval de course au rang de génie ? Est-ce un âne ? Une ânesse ? Nous parcourons la zone où l’on nous somme de nous tenir. Tranquille. Une zone que délimitent les revendications de la classe moyenne, les scandales éclaboussant les puissants, les rapports de forces inégales, et la énième catastrophe plus ou moins naturelle. Nous sommes libres entre ces quatre murs. Quand tu vois qui te veut du bien, ne désires-tu pas rencontrer qui te veut du mal ? Histoire ne serait-ce que de changer. Il te faudrait un moment de calme pour mettre de l’ordre dans tes idées, y faire un peu de clarté, mais c’est ce qui fait le plus grand défaut, le calme. D’où vient une telle haine ? Le calme, ce n’est pas la tranquillité. Tout dépend de ce qu’il y a dans les idées. Sont-elles préfabriquées ? Un moment qui ne soit pas parasité. Qu’est-ce que j’aurais dit qui soit susceptible d’être compris en réponse au courrier auquel je n’ai pas répondu ? Parlons-nous seulement la même langue, elle et moi ? Je ne le crois pas. Car, que peut dire une langue pour laquelle les critères économiques l’emportent et priment sur les critères esthétiques ? Quel est le pouvoir de dire d’une telle langue ? Les zéros derrière les uns font peut-être du nombre et du bruit, mais font-ils du sens ? Quand tu comptes ou quand tu es compté tu ne peux pas penser. C’est la même chose avec les alexandrins : si tu passes ton temps à compter le nombre de pieds, tu ne peux pas avancer. Oui, j’ai répondu dans mon carnet secret pour moi-même et la postérité insignifiante, mais ce n’est pas ce que je voulais dire. J’essaie de lutter contre quelque chose de bien plus grand que moi dans lequel je devrais me dissoudre mais dans lequel je refuse de me dissoudre. Et je ne crois pas que cette lutte soit perdue d’avance. En ce moment, dans l’immeuble où j’habite, quelqu’un fait des travaux. Des trous dans les murs en béton. L’immeuble tout entier sert de caisse de résonance à ce vacarme débilitant. Perceuses et coups de marteau. Chaque fois, je serre les dents. Chaque fois, l’équilibre instable de la phrase risque de se briser à cause de ce bruit. Quand je sens qu’elle va casser, je ferme les yeux, j’accepte cette œuvre de construction / destruction contre laquelle je ne peux finalement rien, et je forme la phrase dans l’infini noir qu’ouvrent mes yeux fermés. Ensuite, je l’écris. Indifférente au bruit.

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