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22.1.20

Si je devais décrire l’univers, par quoi commencerais-je ? Commencerais-je par dire : « Moi, qui suis assis à mon bureau, je me suis donné pour tâche de décrire l’univers. » ou par : « L’univers est infini. » ? Supposons que ces deux descriptions, ayant pour objet le même univers, soient équivalentes, qu’elles disent essentiellement la même chose, ne produiraient-elles des descriptions diamétralement opposées de l’univers ? Si opposées qu’en les parcourant, on n’aurait pas le sentiment qu’il s’agit du même univers, mais de deux univers complètement différents. C’est une question de point de vue, dira-t-on. Et, en effet, rien ne saurait être moins vrai. Mais une fois que l’on aurait dit cela, on ne serait pas bien avancé. Le microcosme (ou l’univers vu d’en bas, à partir de mon point de vue à moi) et le macrocosme (ou l’univers vu d’en haut, à partir du point de vue de l’univers) diffèrent en fonction de l’endroit où l’on place l’accent, du point de départ que l’on choisit, mais ils ne diffèrent pas au sens où c’est toujours de l’univers que l’on parle, du même univers, ce qu’on appelle l’univers.

Ainsi, en quelque sens que tu prennes la chose, est-il vain de prétendre changer ses désirs plutôt que l’ordre de l’univers. Comme si je pouvais bien désirer n’importe quoi du moment que je sois en accord avec l’univers. Renoncer, n’est-ce pas au contraire être en désaccord avec l’univers ? Après tout, qu’est-ce qui fait que je désire ce que je désire ? Ce n’est peut-être pas la bonne façon de poser la question. Ce que je désire, ce n’est pas n’importe quel accord avec l’univers, mais un accord complet, pas un simulacre d’accord, lequel ne procède que de mon renoncement à ce que je suis (i. e. en tant que je désire). Ceux qui veulent l’annihilation du moi se trompent en pensant qu’il restera quelque chose une fois que le moi sera annihilé ; annihiler le moi, c’est aussi annihiler l’univers. En sens inverse de celui qui souhaite la destruction de l’univers (le nihiliste), lequel ne veut pas la destruction de l’univers, qui entraînerait la destruction de soi, mais une transformation radicale de l’univers, laquelle permettrait à l’univers de s’accorder d’un coup avec ses désirs. Conceptions magiques de l’univers et du moi : comme si l’on pouvait faire disparaître purement et simplement ce qui pose problème dans la recherche d’un accord parfait entre le microcosme et le macrocosme.

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