plus clair

Qu’on me montre une fin un début
un moment qui vaille la peine d’être vécu
archipel des gouttes de la pluie
sur la fenêtre
pas envie de chercher aujourd’hui
quelque chose à quoi m’accrocher
à quoi croire à quoi rêver
le simple fait d’être là
je ne sais pas pourquoi
possède une vertu cathartique
je n’ai pas besoin de justifier
ce qui vient d’être vécu
ni ce qui va l’être non plus
tout est une question de
mais je n’ai pas envie de finir cette phrase
je ne veux pas d’un tel désir
de généralité
peut-être que c’est vrai
peut-être que je ne sais pas
ce que je veux
mais est-ce si utile si nécessaire
qu’on l’imagine
je laisse les ressources de l’imagination
en paix
encore un coup d’œil à la fenêtre
et par-delà
les nuages s’étirent
la grisaille se dissipe
si l’on ne meurt
on finit toujours par y voir
un peu plus clair.

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Déclameur : ce texte est un extrait d’un ensemble plus long, un poème intitulé couleurs primaires (et partout c’est la guerre) toujours en cours d’écriture.