25.9.20

Comment se faire une âme, une raison d’être, comment ne pas lécher les flaques et, repus de ce rebut, se contenter d’une survie satisfaite ? Qu’est-ce qui se dessine à l’’horizon ? La petite santé dans de gros suv. Je ne me méprends pas : il y aura toujours des prophètes du malheur, toujours de nouvelles peurs, des apôtres du salut par l’abstinence, l’ascèse, jamais le cul entre deux chaises, tenants de la punition, toujours la bonne parole sans jamais rien à dire, toujours réponse à tout avec les idées des autres, pensée toute faite, toute prête, plus qu’à la porter, je ne me méprends pas, je ne m’entends pas avec. Pas même moi-même. Je me demande ce que je fais là. Et à quoi bon. Et à quoi bon, je me le demande, je me demande à quoi bon. On pourrait multiplier les couches à superposer. À l’infini, ou jusqu’à ce que l’on soit fatigué. Ce n’est pas pareil, ceci dit. L’infini commence là où finit le fini. Paraît-il. Il y a le vent qui souffle, et c’est aussi un état d’esprit, air sec, air fou, air de rien, air d’air. Qui cherche à définir l’atmosphère ? Elle se respire, impossible à englober d’un coup d’œil, peut-être ne la sent-on jamais qu’après, on s’en souvient, on y revient, elle était là, moi aussi, c’était bien. Est-ce que c’était bien ? Oui, puisque je m’en souviens. Le vent est-il fini ? Suis-je fini ? Au sens de fini. Je regarde les traces de doigts que Daphné a laissées sur la baie vitrée, et je me demande : quand avons-nous perdu le goût de la liberté ?