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18.7.21

Chaleur dès le matin, pas accablante, mais sensible au premier effort, et je ne sais pas si c’est joie ou contrainte de mettre mon corps en mouvement. La joie et la contrainte se doivent-elles nécessairement voir opposées l’une à l’autre ? Ne peut-on pas trouver de la joie dans la contrainte ? En tant que nous sommes finis, nous avons besoin de limites. C’est le paradoxe : les limites sont des finitudes qui nous permettent de vivre notre finitude, de faire en sorte qu’elle soit moins finie (que ce soit dans le temps, dans l’intensité, dans la profondeur, etc.), qu’une part de cette finitude tende vers l’infini. En quelque sorte, comme un ensemble de courbes dont, dans le repère, on pourrait identifier la fin, sauf une, qui le déborderait dans l’une de ses dimensions. Sans ses fins que nous nous donnons à nous-mêmes, la fin est proche. Sans limites, nous sommes infiniment limités. Formules un peu creuses, je crois, qui forcent un paradoxe qui n’a nul besoin de l’être. Pourquoi ne les effacé-je pas alors ? Peut-être parce que j’ai envie qu’elles restent là, peut-être parce qu’il me semble qu’on n’accentue pas assez, parfois, le paradoxe. Tout semble aller de soi, mais c’est faux. C’est évident, sauf que cette croyance (quelque chose comme le bon sens) implique des comportements qui, j’allais dire autre chose, mais je préfère le dire ainsi, des comportements qui heurtent mon sens éthique et esthétique. Une fois couvert de sueur, c’est imbécile sans doute mais c’est ainsi, une fois couvert de sueur, je me sens plus heureux, comme si j’avais accompli quelque chose, alors que je sais que c’est insignifiant, mais peut-être pas tant que cela si l’on poursuit sa voie dans l’idée de se donner à soi-même ses propres règles, idée clef pour qui croit en un individu qui ni ne se dissolve comme quantité négligeable dans la communauté sociale ni ne se livre à l’exercice puérile et décérébré de son égoïsme. Années de pèlerinage de Liszt (Lazar Berman) — émouvant concerto lyrique quand chantent les cigales.

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