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8.2.22

Puissance et clarté oniriques. Rêve et récit du rêve cette nuit, très précis. Il est cinq heures trente. Le cahier de rêves est à portée de la main à mon chevet, mais je crains de réveiller Nelly. Alors je le note sur mon téléphone. Je viens de le recopier à l’instant, environ huit heures après l’avoir écrit. Le rêve est très structuré en deux parties liées entre elles par une relation de causalité et l’atmosphère de chacune de ces deux parties est très différente. Pour dire les choses simplement, la première partie est méditerranéenne, la seconde, parisienne. Pendant un certain temps, je cherche à définir avec précision l’atmosphère de la première partie, l’impression de familiarité et d’étrangeté simultanée qu’elle m’a faite : c’est quelque chose de très proche et de très lointain à la fois, je ne comprends pas pourquoi je ne parviens pas à trouver le mot juste pour caractériser le sentiment qui est le mien quand, enfin, je comprends, je parviens à dire quel est cet endroit et à expliquer l’impression que quelque chose m’échappait tout en étant très intime. Cet endroit où se déroule le rêve, c’est le Marseille que décrit Walter Benjamin dans « Haschich à Marseille ». C’est tellement évident que tout est plus clair encore après que j’ai trouvé cette expression : « le Marseille que Walter Benjamin décrit dans “Haschich à Marseille” », qui est donc un endroit très familier, en effet j’ai grandi ici (je me souviens que, dans le texte, WB relève le mot “Barnabé”, sur un tram ou un bus, “Barnabé” pour “Saint Barnabé”, le quartier de mon enfance, là où j’allais à l’école), mais très lointain puisque, comme le rappelle Jean-Maurice Monnoyer dans sa notice, ce Marseille-là n’est plus. (Note marginale : Je me souviens aussi m’être étonné quand j’avais découvert que JMM, qui avait été mon enseignant à Aix quand j’y étudiais la philosophie, très marqué par la philosophie analytique et le renouveau de la métaphysique réaliste, avait édité ces Écrits français de Benjamin, ainsi que Oberman de Senancour, que je ne connaissais pas.) Quand je copie le rêve, tout est clair, et tous ces éléments oniriques et extra-oniriques viennent éclairer le rêve. Comme cette remarque que je me fais plusieurs fois — dans le rêve et hors du rêve —, jusqu’à trouver la formulation juste dans le cahier de rêves (mais qui n’est peut-être pas aussi juste que celle que j’emploie ici) que ce qui me rassure, c’est que les gens ne soient pas ce qu’ils semblent être. Idée qui devrait plutôt m’inquiéter (les gens devraient être comme ils semblent être sinon le doute est toujours permis), mais aurait plutôt tendance à me rendre optimiste : les choses ne sont pas si terribles qu’elles le semblent. Comme quand on dit : « Au fond, tout cela n’est qu’un mauvais rêve. » Une fois éveillé, il n’y a plus rien à craindre.

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