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15.3.22

Je voudrais dormir mais je garde les yeux ouverts. J’évalue à environ 99,999% du total de la réalité ce qu’il se passe dans le monde et que je ne comprends pas. J’envie qui a des explications pour tout. Peut-être pas. Quant à moi, j’ai l’impression de ne jamais savoir quoi dire ou bien de raconter n’importe quoi. J’ai froid. Mais, quand même le chauffage (électrique) serait éteint, j’ai honte d’avoir froid. J’ai honte de tout. J’ai même honte d’avoir honte. C’est infini. Sans doute est-ce l’effet des antibiotiques. Je ne sais pas. Tout est possible. J’ai eu l’idée de créer une revue qui s’appellerait Samizdat. Je ne crois pas que ce soit très original comme nom (j’ai cherché sur internet pour savoir si une revue le portait déjà, il me semble que non, en tout cas, je n’ai rien trouvé qui l’indiquait), mais c’est ce que j’ai envie de faire, sur le modèle des premiers cahiers des habitacles, quelque chose de très simple, d’artisanal, pour qui aurait quelque chose à dire et qui voudrait l’entendre. Qui ? En effet, oui, c’est la question. Probablement personne, alors à quoi bon ? Je me frotte les yeux au niveau de la caroncule dans l’espoir de trouver la réponse à cette question ou de faire comme si elle n’avait pas d’importance. Est-ce que j’y parviens ? Qui peut le savoir ? À l’instant, j’ai ajouté des tas de gens que je ne connaissais pas comme amis sur facebook (Mais pourquoi tous ces gens que je ne connais pas acceptent-ils mon invitation ?). Je ne sais pas très bien pourquoi je l’ai fait, peut-être parce que je n’arrive pas à me faire à l’idée que j’aie si peu de succès, peut-être parce qu’il faut bien faire quelque chose, peut-être parce que déjà nous commençons à nous habituer à la guerre, comme si elle avait jamais disparu de la surface de la terre, de notre conscience occidentale, sans doute, oui, mais de la réalité, certainement pas, mais je le fais quand même. Évidemment, les résultats sont désastreux. Les algorithmes des hommes les plus riches du monde étant décidément bien mal faits. Mais ce sont eux qui gouvernent le monde, les algorithmes et les hommes qui leur servent d’enveloppes charnelles. Pourquoi, s’il est nécessaire, parce qu’il est trop gros pour être avalé, de le disperser dans de l’eau afin d’ingérer le médicament qu’il contient, le laboratoire qui le fabrique ne réduit-il pas la taille du comprimé ? Quand le pharmacien m’explique la procédure, j’ai l’impression qu’il me parle comme à un demeuré. J’ai envie de lui dire que je ne suis pas un demeuré, mais je me dis : Ce n’est pas à toi qu’il parle, il parle à n’importe qui, il parle à tout le monde. Quelle tristesse. Dans la salle d’attente, je lis la guerre et la paix, mais je ne parviens pas à me concentrer. Ce n’est pas à cause des antibiotiques. À ce moment-là, je n’en ai pas encore pris. À côté de moi, un enfant obèse et manifestement débile joue sur la console de jeux que sa mère s’est empressée de lui fourrer entre les mains dès leur arrivée. Ensuite, c’est une famille de trois qui vient pour le rendez-vous du petit Brian. Au milieu de la colère de prince André, je me demande : mais qu’est-ce que je fais ici ? Je souffre.

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