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11.4.22

Cette nuit, je me suis battu avec un chat qui m’empêchait de dormir. Après l’avoir cherché, sans même savoir que c’était un chat, après avoir cherché ce qui donc m’empêchait de dormir, je finis par en découvrir la cause, caché là, derrière un rideau qui cachait la fenêtre de la cuisine. J’aurais dû me douter que quelque chose n’allait pas : la cuisine où se trouvait le chat ne ressemblait pas à la cuisine où se trouve la cuisine, même si elle se trouvait au même endroit, ce qui explique sans doute la confusion, mais non, au lieu de me douter, je me battais avec le chat qui me griffait et me mordait les mains (je les regardais, cherchant une plaie qui justifierait que j’aille voir un médecin pour qu’il me fasse une piqûre contre la rage, est-ce que les chats ont la rage ? je ne sais pas, alors une piqûre contre je ne sais trop quelle maladie mortelle transmettent les chats), et même s’il me semblait que je finissais pas avoir le dessus sur lui, ce fut en fait lui qui l’eut sur moi puisque je me réveillai. Et ne parvenais plus à me rendormir. Saloperie de chat. Je n’ai pas de chat. J’en ai eu un quand j’étais petit, enfin, ce n’était pas mon chat, c’était le chat de la famille, une chatte, Pulchérie, elle s’appelait. Le chat de la nuit était en quelque sorte son inverse : Pulchérie était une chatte noire et blanche, lui était un chat blanc et noir. Je me suis translaté dans le salon avec ma couette, mon téléphone et mes coussins, mais sans mes lunettes, dans l’espoir de trouver un sommeil qui ne devait plus exister pour moi et consultai à la place les informations sur mon téléphone. Double peine, en somme sans somme. Un peu plus tard dans la journée, je suis allé courir dans l’idée de me débarrasser de la fatigue. Et à présent, éveillé, je ne rêve qu’une chose : dormir. Entretemps, j’ai pensé à substituer à l’État-Nation, dont la décadence donne chaque jour un spectacle un peu plus consternant (on se demande pourquoi qui déteste tant l’État désire tant le diriger, mais on n’est plus à un paradoxe près), une sorte de fédération européenne des cités-États, ou villes-mondes, si l’on préfère, idée à laquelle je songe régulièrement. À mon sens, en effet, un des problèmes que rencontrent les États-Nations, c’est celui de la taille critique de leur effectif : passer un certain effectif de population, les disparités au sein de la population sont trop grandes pour assurer l’homogénéité nécessaire au gouvernement. Trop d’homogénéité condamne la société à l’immobilisme, et donc à la mort, mais trop peu d’homogénéité rend la société ingouvernable, ce qui conduit à sa destruction. Si les ensembles de la taille d’une mégapole (quelques millions d’habitants) ont une taille gouvernable, ils ne sont toutefois pas assez grands pour être absolument autonomes dans un monde ouvert, et leur intégration dans un ensemble fédéral doit permettre de surmonter cette difficulté. Il y aurait ainsi deux niveaux de prise de décision : un niveau local (à l’échelle de la ville) pour tout ce qui concerne la vie commune des populations et un niveau fédéral (à l’échelle d’une fédération de villes, disons : l’Europe) pour tout ce qui concerne l’organisation de la production, les échanges de marchandises, de services, etc. L’idée serait de parvenir à une sorte de synthèse entre la mondialisation (une forme de capitalisme cool — j’assume cette formule un peu provocante — : des échanges économiques sans compétition sauvage — le capitalisme sans le capitalisme) et l’idéal autogestionnaire de la Commune dans une forme de méta-utopie à la fois englobante et ouverte.

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