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5.5.22

Couru de la maison jusqu’au marégraphe (un peu avant) et retour. 12 km en 1 heure, 11 minutes et 31 secondes. Bien. J’entends : ni trop ni pas assez, comme il faut. Je devrais dire : juste, équilibre dans l’instabilité. Bien, j’entends : je me sens bien. Je laisse toutes les pensées parasites et les parasites sans pensée errer dans un monde parallèle où mes pieds ne se trouvent pas. Là où mes pieds se trouvent, là je suis. Je ne me sens pas léger, non. Je ne me sens pas lourd non plus, non. Je me sens à ma place. Me déplaçant comme je me déplace, sans laisser de traces, sans rien déranger, sans m’attarder sur rien, je me sens à ma place. Sentiment (un peu confus tout de même) que c’est ma nature. Confus : qu’est-ce que ça veut dire « ma nature » ? « Ma seconde nature » ? Longeant le Prado pour remonter la Corniche, camionnettes de CRS les unes à la suite des autres. Il y a match ce soir. Je pense, un peu après mais je le pense quand même, je pense : toujours le risque de la violence, comme s’il nous était désormais impossible de vivre en paix, comme si la concorde était devenue chose irréalisable, irréaliste. En a-t-il toujours été ainsi ? Peut-être, mais je ne sais pas si la question que je me pose porte sur une quelconque vérité historique (établie ou pas, je ne sais pas) ou sur le sentiment même. Dès lors, l’idée de « vivre-ensemble », qui forme comme une sorte d’idéal régulateur pour notre société perdue, comment pourrait-elle être autre chose que flatus vocis, mots certes mais vides ? Tu as un doigt pour montrer, mais tu ne montres rien du tout ou alors rien que le bout de ton nez. Je passe. Je veux passer partout, je veux passer sur tout. C’est la seule façon d’exister. Le ciel, gris ce matin, se dégage. On annonçait des averses orageuses dans l’après-midi. Le monde est instable et c’est là, pas ailleurs, qu’il faut trouver l’équilibre et le garder. L’autre jour, pensé au livre que j’écrirais si je me lançais en politique (à Dieu ne plaise) : Prendre le pouvoir, avec le p barré, oui, j’ai même eu une idée pour la couverture, le p barré façon graffiti. D’une folle originalité. Non mais tout ce qu’il me passe par la tête.

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