Il pleut — encore —, ce matin, quand je sors courir. Avantage : le jardin est presque désert, ce qui, au-delà d’une période qui va de novembre à février, est chose rare. Il y a bien un ou deux groupes clairsemés de touristes qui patientent pour visiter le Séant (pourquoi ?), mais on sent bien que le cœur n’y est pas. L’automne a percé l’été avant la prochaine vague de chaleur que je ne subirai pas ; je serai loin d’ici. Dans les Côtes d’Armor. Par moments, avec le vent, mon tshirt mouillé collant à ma peau, j’ai l’impression d’avoir du mal à avancer. Pourtant, quand je comparerai la course du jour avec celles du mois dernier, par exemple, je m’apercevrai que, sur la même distance de dix kilomètres, j’ai amélioré mon temps de cinq minutes environ, soit une allure plus rapide d’une trentaine de secondes par kilomètre. Il faut dire que c’est la troisième semaine de suite que je passe sans boire d’alcool. Mais, si je perçois déjà certains effets positifs (je suis mieux dans ma peau), d’autres tardent toutefois à se faire sentir (je n’ai pas la moindre idée originale). J’ai l’impression d’avoir la tête lourde (rien à voir avec la migraine d’hier), mais je suis en accord avec moi-même. Est-ce si rare ? Un peu trop, oui, hélas. Après avoir fini la première version du premier petit chantier, n’était ce journal, je n’écrirais rien. Ce matin, après être allé courir, j’ai imprimé les textes qui occupent mon esprit en ce moment (en plus de Loin de Thèbes) : ce catalogue de tombes, qui ne s’appelle plus ainsi mais qui n’a pas de nouveau titre et que je continue donc d’appeler ainsi, faute de mieux, et le premier petit chantier. Ce sont ces textes sur lesquels j’ai l’intention de travailler dans les jours, mois qui viennent. J’ai tout rangé dans la chemise bleue où j’ai glissé aussi le carnet dans lequel j’ai écrit le début du deuxième petit chantier, sur lequel je travaillerai aussi dans les jours, mois qui viennent. Le travail sur le premier petit chantier doit être assez spécifique puisqu’il s’agit désormais de faire des dessins qui viendront prendre place au verso de deux pages. On pourrait penser que c’est du temps perdu ou de l’air brassé que tout cela, mais pas du tout : c’est ce qui permet au texte d’exister même quand je ne suis pas effectivement en train de l’écrire, qui lui donne une certaine matérialité, et les documents qui s’accumulent (brouillons, photographies, dessins, tirages, notes éparses) confèrent les trois dimensions qui manquent à ce qui risquerait de sembler trop abstrait, mais ne l’est pas, en réalité, — car, c’est la vie.











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