17.5.17

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Avant d’avoir des solutions, encore faut-il avoir un problème. En politique, par exemple, avant de savoir à quel âge les gens vont partir à la retraite, combien de temps ils vont travailler, combien d’impôt ils vont payer, etc. etc. etc., il faut d’abord se mettre d’accord sur ce qu’on entend par le bien commun. Et ensuite, trouver les moyens d’y parvenir. Bref, il faut avoir un problème pour apporter des solutions. Il faut s’entendre sur un problème, sur l’intérêt qu’ont n gens à s’associer et à coopérer ensemble au lieu que chacun opère tout seul dans son coin, et ensuite trouver comment ces n gens peuvent effectivement s’associer, dans quelles conditions, avec quelles contraintes, etc. etc. etc. Tout le reste, en fait, c’est du marketing. Et il va sans dire que nous vivons à l’ère du marketing généralisé.

Gilles Clément dans l’Alternative ambiante critique à juste titre, me semble-t-il, la notion d’environnement, qui signifie tout autour, qui maintient le milieu dans une sorte de position d’extériorité. Il précise : « Pour parvenir à engager sérieusement une politique de survie de l’humanité sur Terre il faut, en effet, descendre d’un observatoire artificiellement dressé au-dessus de “la Nature” considéré comme territoire d’expérience, de maîtrise, de marché. Il faut s’immerger, s’accepter comme être de nature, réviser sa position dans l’univers, ne plus se placer au-dessus ou au centre mais dedans et avec. »

La fin de la métaphysique ouvre sur une politique naturalisée. (Pas d’empire dans l’empire — pas d’empire tout simplement — pas d’au-delà — rien que le territoire de la finitude.)