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26.10.17

Absolument aucune méthode de travail en ce moment. Mais pas au sens du génial anarchisme méthodologique (anything goes). Non, c’est dans ma tête, quoi que cela veuille dire au juste. Heureusement qu’il y a des araignées, sinon j’aurais l’impression d’en avoir dans le plafond, qu’elles se promènent librement dans ma tête, et j’imagine très bien ce que cela veut dire. Pour employer une autre (mauvaise) métaphore (mais y en a-t-il de bonnes ?), traduire, c’est la seule chose qui me maintienne à flot, sinon je perdrais complètement pied. D’où peut-être l’incompréhension quand Nelly me parle de sa lecture de l’histoire de la forêt, comme si, de toute façon, quoi qu’on me dise, ça n’irait pas, parce que je ne sais pas où je suis et que je suis désorienté. C’est sans doute l’effet du déménagement. Nous avons fait en sorte, Nelly et moi, que Daphné se sente le mieux possible, qu’elle se sente chez elle, qu’elle ne soit pas trop perturbée. Sauf que nous, bien sûr, personne ne s’assure que nous ne sommes pas trop perturbés, il nous faut nous débrouiller tout seuls. Et ce n’est pas parce que nous sommes plus vieux que c’est plus simple, non.

« Il nous faut ici retourner nos modes habituels de penser : le philosophe n’est pas l’auteur de sa philosophie, il ne la constitue pas plus qu’il ne la troue, il ne lui est ni présent ni absent, pas plus comme conscience que comme sujet, comme origine que comme volonté. C’est la philosophia qui hante le philosophe en en faisant cet amateur du comprendre et de l’apprendre (ce philomathès), ce chasseur infatigable, ce taon attaché aux flancs de la cité ; le poussant à interroger et à répondre, à dépérir et à renaître, à enseigner sans convertir personne, à inventer sans rien inventer, si ce n’est un peu plus d’exactitude (akribeia) et de clarté (saphèneia). De la philosophia nous n’aurons donc que le symbole, le philosophe ; du philosophe, que les personnages et les masques. Au sens platonicien, on ne “fait” pas de philosophie ; on est “sous l’effet de la philosophia comme sous celui d’une flamme”, brûlé et consumé par elle. On n’en est pas plus l’auteur qu’on n’en est le produit, vraiment philosophe et philosophe seulement si on a le goût, le plaisir de se soumettre à ce “travail énorme”, à ce “jeu pénible”, travail et jeu arides qui ne sont pas la philosophie mais qui sont la tâche que la philosophia impose au philosophe, la seule forme qu’elle puisse prendre, absolument vaine, absolument décourageante pour qui n’est pas “sous l’effet de la philosophia”, seul vrai plaisir pour celui qui l’est et qui découvre dans ce plaisir le signe, le seul signe possible de son naturel philosophe. » (Monique Dixsaut)

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