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23.1.18

Samedi dernier, j’ai bu un verre de vin chez mon père. Il n’était pas bon. C’est quand même rare, me suis-je dit, et certains pourraient penser que c’est un signe. Moi aussi, je peux interpréter les signes, mais en l’occurrence, je me suis contenté d’ajouter pour moi-même que le vin n’était tout simplement pas bon et que je n’avais peut-être pas tort de ne plus boire. Parce que, parfois, non, ce n’est pas bon. Et n’est-ce pas vrai, en outre, que la plupart du temps, ce n’est pas bon ? Ça n’a rien d’extraordinaire, mais on le fait quand même ? En relisant certains passages des araignées, j’ai senti ce que j’avais ressenti en traduisant : un bonheur, il n’y a peut-être pas d’autres façons de le dire, mais essayons quand même : comme un éclaircie de l’esprit — je vois réellement une lumière, chaude et qui tire sur le jaune, qui illumine l’intérieur de mon crâne depuis le haut —, qui justifie tout le temps passé, assis sur une chaise, à aligner des signes les uns à la suite des autres sans trop savoir ce que l’on fait, en ayant une idée du sens mais sans savoir si le sens des signes que l’on aligne sera précisément le même que le sens des signes dont on a l’idée. Le rapport avec l’alcool ? C’est vrai qu’il n’y en a peut-être aucun. Ou alors, le même qu’avec le tabac. Quand j’ai arrêté de fumer, en effet, je l’ai fait parce que je n’aimais plus celui que j’étais fumant, et que j’aimais mieux celui que j’allais devenir ne fumant plus. Item pour l’alcool : que je ne m’aimais plus buvant, et que je m’aimerais mieux ne buvant plus. Ce qui ne veut pas dire que je ne boirai plus jamais — pense, derechef, au verre de vin paternel —, ce n’est même pas la question ; la question, c’est celle de l’éclaircie de l’esprit, cette lumière chaude et qui tire sur le jaune à l’intérieur du crâne, et que l’alcool tend toujours à obscurcir. Je dis l’alcool, mais le tabac, aussi, n’importe quelle drogue, en fait, consommée en tant qu’excitant ou lénifiant, et qui perturbe la tendance que la personne impulse, la pulsation de l’individu, la pulsion du devenir — qui tend à endiguer le cours de la pure innocence du devenir. Ce n’est pas le jeûne, ce qui serait encore ascétique, asceptique, c’est autre chose : la recherche de la lumière, de l’éclaircie de l’esprit qui passe par un tel chemin de perfection.

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