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31.1.18

Funérailles de la fiction.

Funérailles de la fiction, oui, c’est ce que j’ai écrit dans le carnet couleur olive, en fin de matinée, après être allé courir, ainsi que deux autres remarques sur l’époque, l’obsolescence et la posthumité, moins pour déclarer la mort de la fiction que comme l’entête d’une réflexion d’ensemble sur les fictions que j’ai écrites jusqu’à présent, enfin celles que j’ai publiées (Des monstres littéraires, Pedro Mayr et Le feu est la flamme du feu), la façon dont elles forment, en raison de leur disparité même, un ensemble cohérent que, peut-être, on n’a pas compris, on n’a pas voulu comprendre parce qu’on n’avait pas envie de le comprendre. Enfin, on, que personne n’a compris parce que tout le monde, ou presque, s’en fout. Peut-être. Je voulais faire quelque chose de cette idée, mais non. Moins par paresse que par nécessité d’attendre, comme s’il fallait encore mettre un peu de temps entre l’idée proprement dite et sa réalisation. En un sens, une idée est réalisée dès que l’on l’a. Mais, en un autre sens, il faut encore la faire. Accomplir un certain nombre d’actions qui aboutissent quelque part, à une autré idée, peut-être, un ensemble de questions, d’ambitions pour ne pas mourir tout de suite. — Je ne suis pas aigri, je le sais, je le sens, je m’interroge, c’est plutôt cela, je me pose des questions. Je ne sais pas combien de fois je me suis entendu dire, d’une façon ou d’une autre au cours de ma vie, que je me posais trop de questions. Maintenant, ce n’est plus le cas ; je ne parle plus à personne. Comme si on avait voulu me faire comprendre par là que se poser des questions empêchait de vivre. Alors que, précisément, non, c’est ne pas se poser de questions qui interdit de vivre.

Écouté les Drei Klavierstücke d’Arnold Schönberg (j’aime tellement la musique pour piano seul de Schönberg) par Maurizio Pollini. Fasciné par l’ostinato de la deuxième des trois pièces qui ne porte pas l’œuvre, mais crée une atmosphère sombre, entrailles d’un corps qui respire à peine (peut-être). Feuilleté les pages de l’introduction de la Philosophie de la nouvelle musique d’Adorno : « puisque l’industrie culturelle a dressé ses victimes à éviter tout effort pendant les heures de loisir qui leur sont octroyées pour la consommation des biens spirituels, les gens s’accrochent avec un entêtement accru à l’apparence qui les sépare de l’essence. »

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