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4.2.18

L’anti-antisémitisme fervent de l’intelligentsia française — et de tous ceux qui n’ayant ni les moyens ni l’opportunité d’en faire partie s’enorgueillissent de la suivre benoîtement — doit moins à la force d’une argumentation rationnelle qu’à l’attraction qu’exerce sur les cerveaux franchouillards le fait d’obéir aveuglément à des principes et de les appliquer sans discernement — bref, ce qu’on appelle l’universalisme. Quand Untel prend position au sujet de la publication des écrits antisémites de Céline, ainsi, il ne déclare pas qu’il fera tout ce qui est son pouvoir pour démontrer que des positions de ce genre sont insoutenables, mais pour les interdire. Et, de même, tous les petits caporaux qui, comme des tâcherons, traquent les coupables du siècle dernier, le font non dans un but vériste, mais pour détruire l’ennemi, dût-on pour ce faire pousser le courage jusqu’à débaptiser une rue. Le but de la pensée n’est pas de s’orienter vers une plus grande clarté que la nôtre, mais d’affirmer un pouvoir toujours plus grand, y compris quand il s’exerce par le ridicule et le contresens. Ce qui compte, ce n’est pas de tendre vers la lumière, mais d’avoir raison, c’est-à-dire : de réduire le camp adverse au silence, de le censurer. L’essence de la pensée politique française est la terreur — l’interdiction, la mise à l’index, la réduction au silence, la censure ; l’exécution. Rien ne sert d’avoir une idée politique en France, si elle n’est pas destinée à détruire, à couper la tête de ceux qu’on prend pour ennemis.

Ciel bleu si bleu que c’en est aveuglant. La lumière d’hiver a des qualités bien spécifiques, un éclairage qui tient toujours de l’éclaircie passagère quand même celle-ci serait quasi permanente. En tournant la dos au large, maisons sur la colline qui plonge dans la mer, petits chemins étroits et escarpés qui rappellent qu’il n’a pas toujours été si facile de circuler, d’aller et de venir, et qui dessinent dans le paysage une mémoire en mouvement, la mémoire du mouvement, de la circulation de la côte au sommet, du bas vers le haut et retour, un flux et un reflux qui est l’image terrestre du flux et du reflux de la mer, une vie qui n’est pas statique, défie l’opposition binaire sédentaire contre nomade, va au-delà dans le passage continu d’un endroit à un autre, d’une topique à une autre au sein d’une seule et même géographie. — Antique sentiment terrestre, solaire, aquatique.

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