8.2.18

Non domandarci la formula che mondi possa aprirti,
sí qualche storta sillaba e secca come un ramo.
Codesto solo oggi possiamo dirti,
ciò che non siamo, ciò che non vogliamo.

— Eugenio Montale

Mars à Gênes. Pour voir l’hiver finir et le printemps commencer ? Peut-être.

Poèmes dans le carnet gris, qui sont seuls ce que j’aime écrire en ce moment. Quand j’ai commencé à écrire, le secret était une condition nécessaire de l’écriture — surtout que personne ne lise ce que j’écris, surtout pas ma mère. En écrivant ces poèmes, même si c’est un peu ce que je recherche, ce n’est pas ce que je retrouve, ma mère est morte depuis longtemps, et je ne peux donc plus rien lui cacher, peut-être qu’elle voit tout depuis lors, depuis la mort, mais il me semble quand même que je redécouvre ce goût du secret, la sensation même du secret, de la dissimulation, d’une certaine manière. Il y a une physique du secret, l’encre noire dans la carnet que je referme après avoir écrit, et qui vaut mieux que toute métaphysique, encre noire comme la seiche qui échappe à son prédateur dans un nuage, et puis une éthique du secret, une éthique analogique, l’écriture manuscrite échappant au contrôle, microdata de la main.

La Méditerranée est difficile, complexe, impossible à appréhender pour en faire un résumé, elle est à la fois disparate et d’une grande cohérence. Ce n’est pas une culture, c’est un monde — lumières, goûts, couleurs, mythes, traversées, déplacements, retours, etc. ad inf.

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