26.6.18

Imprime dès le matin des exemplaires de la Vie sociale dans l’espoir de faire publier le roman. Pas vraiment envie de le faire. Sentiment bureaucratique. Impression de recommencer à zéro. Ce n’est pas vrai. On ne recommence jamais à zéro. Mais ça y ressemble. Deux jours plus tôt, les mots de Pierre m’ont fait du bien. Comme si je pouvais me dire enfin : Ah quand même je ne suis pas fou ou bien, plus justement, peut-être : Si je suis fou, au moins, ne suis-je pas tout seul à l’être. Nous sommes tous fous, m’a-t-il répondu. Je crois qu’il a raison. Mais que c’est heureux que certains soient fous à notre manière. Envie d’oublier les autres — ceux sur qui tu ne peux pas compter, ceux qui sabotent le travail tout en croyant travailler (c’est bien ça, le pire, peut-être, qu’ils le croient, pour eux comme pour moi) —, mais je ne peux pas complètement. Je n’ai pas encore fini. Et puis, qui niera que le désir de revanche soit un puissant moteur ? Il ne faut tout simplement pas le laisser te dévorer. Pas toujours une mince affaire. Imprime donc. Écris un mail à un éditeur. Réponse immédiate. Avancer. Pourquoi tout le monde n’est-il pas capable de travailler ainsi ? Pourquoi faut-il perdre tant de temps ? Je déteste perdre du temps. Ou alors, c’est le temps que je dépense à rêver, penser, exister. Pas à attendre que quelqu’un réponde enfin, qui devrait déjà avoir répondu. Le temps passé à concevoir des choses qui n’existent pas encore, et qui n’existeraient pas autrement, à inventer, à écrire.

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1 Comment so far

  1. Félicitation ! Et courage pour la suite !
    Les gens qui vous disent que vous avez tord sont parfois des personnes jalouses de votre talent.

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