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23.6.18

Un peu moins de vingt pages en un peu plus de dix jours. Oh oui, on peut écrire plus vite. Mais rapide, ce n’est pas le but. Ce n’est pas ce que je cherche. Quelquefois tu écris en trombe. Quelquefois c’est plus lent. Ruminer (disait Nietzsche). Il faut écrire juste. Habitacles, ce sont des phrases courtes, beaucoup d’air entre les morceaux, de l’espace. Nous qui en manquons tant (de l’air de l’espace ai-je l’impression). Des lieux. Non : plutôt des atmosphères. Je ne sais pas où je vais, mais je sais qu’il y a longtemps que j’avais envie d’écrire ce livre. Il y a plusieurs années, quand je travaillais encore chez Grasset (décidément, qu’est-ce que j’ai pu écrire chez Grasset — et bosser comme un âne aussi), je tenais un carnet marron avec des pages marron clair beige foncé acheté chez Papier Plus, rue du Pont Louis-Philippe, dans lequel je prenais des notes de lecture sur la maison avec un Parker 51 que j’avais acheté sur eBay. Disons, Loos, Le Corbusier, Neutra, etc. La maison moderniste, en quelque sorte. C’est aussi à ce cahier que je pense en écrivant le livre. Mais je ne l’ouvre pas. Je ne relis pas les notes de lecture. D’ailleurs, je ne sais même pas où il est, ce carnet. Dans quelle boîte il est rangé que je n’ai pas ouverte depuis le déménagement. Mais c’est important dans l’univers textuel d’avoir un point de référence comme ça, presque fictif, quasi mythologique (remarque la façon dont tu as écrit quand je travaillais encore chez Grasset qui ressemble presque au début d’une légende ou quelque chose de ce genre un conte oui, peut-être, quand je travaillais encore chez Grasset fonctionnant ici comme il était une fois — assez de cette tautoanalyse) qui me permet de m’orienter dans ma pensée, j’écris quelque chose de nouveau qui vient de loin : quelque chose pousse (le carnet que je tenais) quelque chose tire (le livre qui sera écrit). Durée. Temps. Et tout et tout. Et je me dis que c’est étonnant, en fait, la façon dont la pensée, l’écriture se structurent comme malgré nous, quelque chose comme un flux qui nous traverse, une rivière souterraine, un courant oublié qui refait surface pour écrire un nouveau livre. Quelque chose déclenche la venue au jour de la rivière, mais quoi ? Une idée. Oui, une idée. Mais comment vient-elle cette idée ? Le mystère s’épaissit. La métaphore aussi.

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