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12.11.18

Est-ce que je suis fou ? Est-ce qu’il faut que j’aille me faire soigner ? Tout à l’heure, j’ai été pris de doutes mêlés d’une légère angoisse passagère parce que je n’avais pas mis de point final après merci dans un commentaire sur facebook. J’avais hésité entre écrire Merci !, merci… et merci. et avais fini par ne rien mettre du tout à la fin. J’ai publié le commentaire et je me suis dit tout de suite après Non mais je n’ai pas mis de point, ça ne va pas du tout oh là là. Alors je suis retourné sur facebook et j’ai modifié le commentaire pour mettre un point. Après la fin, ça allait mieux. Enfin, non, parce que je ne me suis encore demandé si c’était vraiment la peine de modifier ce commentaire, après tout, ce ne sont jamais que quelques mots dont personne n’a rien à foutre. Oui. Mais non. Ce point en moins, c’est un trou noir. Dans son absence s’engouffre tout le sens de l’existence qui peu à peu disparaît, enfin, non, elle ne disparaît pas : elle se nullifie. La vie est nulle parce que tu passes ton temps à bâcler des choses auxquelles tu n’accordes pas la moindre importance. C’est vrai, qu’est-ce que je peux bien en avoir à foutre de mettre un point ou non après merci dans un commentaire sur facebook ? rien. Mais voilà, si tu renonces, si je renonce, si j’abdique, c’est que j’ai déjà reconnu la nullification du sens de l’existence. La vie est merdique. On n’en a rien à foutre. Et en plus tu sais quoi ? on va tous crever comme le phytoplancton dans l’océan auquel se substitue inéluctablement une mer de plastique. D’autant que c’est à cause de facebook et toutes ces merdes industrielles postcapitalistiques qu’il n’y a plus que du plastique dans l’océan, et que je ferais sans doute mieux de faire autre chose, mais même n’importe quoi même le mal, il faut bien le faire. Et puis quoi ? il faudrait que je vive en reclus, que je sois le seul connard sur terre à se planquer, à se couper du monde parce que c’est bientôt la fin et que c’est à cause de moi ? Si c’est foutu, autant y aller pour de bon. Mais bien, pas n’importe comment, en mettant les points finaux à la fin des phrases. En un sens, oui, vraiment, il faut vraiment vraiment que j’aille me faire soigner. À une fille avec qui je couchais (mal) de temps en temps en fac de philosophie parce que la fille que je croyais aimer (sincèrement) était partie vivre à l’étranger en me laissant tout seul comme un con en France (l’angoisse absolue, quoi : être abandonné en France par la personne que tu aimes), et qui elle a réussi ses études de philosophie alors que, moi, je les ai foirées, bref, j’avais dit que j’étais trop intelligent pour faire une psychanalyse. Et, même s’il faut être un peu con pour dire ça à une fille avec qui tu couches, bon, eh bien, aujourd’hui encore, je me dis que ce n’est pas totalement faux. Il faut se soigner tout seul. On y est obligé. Comme Wittgenstein. Quitte à en crever. Évidemment. Parce que tu sais quoi ? tu ne guéris pas de ça, mais tu peux apprendre à vivre avec en attendant de mourir. Et c’est ça souvent que les gens ne comprennent Mais c’est quoi une thérapie qui ne te guérit pas ? entend-on mais tu crois pouvoir guérir de quoi ? de toi ? On ne guérit pas de soi-même. On apprend à vivre avec. La drogue, les régimes, les tatouages, la chirurgie, le véganisme, dieu et caetera, rien ne te guérira de toi-même. Il faut mettre les points au bon endroit. Un point, c’est tout.
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