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22.11.18

Au lieu de monter à Paris — tu montes chéri ? non mais je rêve — pour manifester comme la France le fait tout le temps de tous temps ce qui ne sert à rien sinon à encombrer un peu plus les rues de Paris qui le sont déjà bien assez comme ça pleines à craquer trop de monde pas d’espace irrespirables on ferait mieux de dissoudre Paris et puis la France — de toute façon c’est la même chose — et une fois tout ça dissolu passer à autre chose enfin on pourrait continuer à parler français mais pas pour répéter toujours les mêmes choses. Non. Hier avec Nelly nous avons voulu aller au marché aux santons de Marseille pour acheter un nouveau santon je ne sais pas lequel je me disais Gabriel peut-être pour rejouer l’annonce faite à Marie en miniatures d’argile — super kitsch — mais il n’était pas encore ouvert enfin peut-être qu’il l’était mais il n’était pas là où il était l’an dernier et avant nous avons un peu cherché mais nous n’avons trouvé qu’un pauvre marché de Noël l’angoisse absolue quoi alors nous avons fait demi-tour et j’ai raconté à Nelly pour meubler que c’est après la Révolution française que les gens se sont mis à faire des crèches parce qu’ils ne pouvaient plus pratiquer leur religion dans les églises où ils avaient l’habitude de le faire le gouvernement l’avait interdit et c’est vrai qu’on en a des idées en France on en a toujours eu on en a encore il faudrait peut-être qu’on en ait moins ai-je ajouté pour le dire à Nelly. Mais ce n’est pas possible. Aussi il faudrait se dissoudre pour ne jamais plus avoir d’idées. Les idées ne devraient jamais être générales mais toujours particulières.

(Elvin Jones — Music Machine 1 & 2.)

Mensonge (petit). J’ai écrit cette partie de l’entrée du journal d’aujourd’hui hier. Aujourd’hui, j’ai passé la matinée à traduire le livre sur lequel je travaille en ce moment. Et puis, à un moment, j’ai eu une idée de phrase pour une sorte de conte réaliste comme j’aimerais parfois en écrire plus, quelque chose de faussement calme, faussement neutre. Comme j’étais en train de traduire, je n’ai pas écrit cette phrase immédiatement — c’était plus un fragment de phrase —, je l’ai répétée plusieurs fois silencieusement à moi-même et j’ai continué de traduire. J’avais déjà eu une idée de ce genre, ce matin, au réveil, après avoir noté ce qu’il restait du rêve de la veille, soit quatre mots et une apostrophe, mais je ne sais pas, je ne crois pas que j’avais envie d’écrire le conte qui allait avec. J’ai fini le chapitre sur lequel j’étais en train de travailler depuis trois jours et j’ai écrit l’histoire qui allait avec la phrase qui m’était venue en traduisant le texte. 7 remarques : 1. je ne suis jamais « en veille », « sur pause », bref je ne m’arrête jamais même quand je crois être arrêté (occupation autre, rhume, spleen, et caetera) / 2. traduire ne monopolise pas l’esprit (pas tout mon esprit ? y a-t-il des morceaux d’esprit ?) / 3. ou alors des processus mentaux peuvent avoir lieu « en tâche de fond » qui remontent à la surface quand ils ne peuvent plus rester en retrait / 4. je crois que 3. est une meilleure hypothèse que 2. ou du moins elle me convient mieux (c’est la même chose, non ?) / 5. tu peux mettre une bonne idée de côté / 6. tu peux mettre une mauvaise idée de côté / 7. les bonnes idées ne disparaissent pas / 7bis. en es-tu si sûr ? non je ne crois pas.

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