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6.12.18

Voilà plus de 15 ans que la démocratie est confisquée en France. Qu’elle dysfonctionne à pleins tubes, que les urnes se vident, que les référendums sont contournés, que les élections ne servent plus à choisir une voie de développement, mais à repousser les prétendus extrêmes, le fameux barrage contre le fascisme, l’exubérance débile de la menace bourgeoise c’est moi ou le chaos, 15 ans, et pourtant on feint aujourd’hui de découvrir que les gens sont malheureux, qu’ils souffrent, qu’ils sont de plus en plus pauvres, de moins en moins éduqués, et que cette accumulation de malheur, de souffrance, de misère, de manque de culture produit quoi ? de la violence, que non, tout ne se résout dans la contemplation de sa perfection accompagnée avec de grands sourires par la politique sociétale, que non, la visite au musée ne suffit pas à cultiver le petit peuple. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Cette violence-là n’est pas une attaque. C’est une réponse. C’est une réplique. La violence, c’est d’abord celle de l’État qui s’est livré consciencieusement, méthodiquement, d’aucuns diraient scientifiquement, à la destruction de toute forme de progrès social, moral, politique. La violence, c’est d’abord la violence monomaniaque de la protection de l’État par lui-même, la fameuse sauvegarde des Institutions, alors même que ces Institutions sont dépassées depuis longtemps et qu’il est impossible de les transformer parce que l’État, comme tout corps, tend d’abord et enfin à sa propre conservation. Il y a longtemps qu’il aurait fallu détruire cet État. Ou plutôt, non, il aurait fallu ne jamais créer cet État. Ne pas se donner un père en plus de son géniteur (un papa, c’est bien assez, pas la peine de les multiplier). Ne pas ajouter un étage au-dessus de nos têtes. Ce qui s’effondre aujourd’hui, ce qui va peut-être s’effondrer, ce qui devrait s’effondrer, pour lui épargner une agonie qui a déjà trop duré, c’est la dernière incarnation de la transcendance.

La République contre la démocratie. La Majuscule contre la minuscule. L’Un contre le multiple.

Un poème de Bukowski :

le problème avec spain

j’ai pris une douche
et me suis brûlé les couilles
mercredi dernier.

rencontré ce peintre qui s’appelle, Spain,
non, c’était un dessinateur,
bref, je l’ai rencontré à une fête
et tout le monde m’en a voulu
parce que je ne savais pas qui c’était
ni ce qu’il faisait.

il était plutôt beau gosse
et je crois qu’il était jaloux de moi parce que
je suis tellement laid.
ils m’ont dit comment il s’appelait
il était appuyé contre le mur
à faire le beau gosse, et j’ai dit :
hé, Spain, j’aime bien ton nom : Spain.
mais toi je ne t’aime pas. pourquoi on irait pas faire un tour
dans le jardin que je te défonce
la gueule ?

ça a mis la maîtresse de maison en colère
et elle est venue lui caresser la bite
tandis que moi j’allais aux chiottes
pour vomir.

mais tout le monde était en colère après moi.
Bukowski, il ne sait plus écrire, il est cuit.
fini. regarde-le boire.
avant il ne venait jamais aux fêtes.
maintenant il vient aux fêtes et boit tout
ce qu’il peut et insulte le vrai talent.
avant je l’admirais quand il se coupait les veines
et quand il essayait de se tuer avec
le gaz. regarde-le en train de mater cette fille
de 19 ans, alors que tout le monde sait qu’il
n’arrive plus à bander.

je ne me suis pas seulement brûlé les couilles sous la douche
mercredi dernier, je me suis retourné pour éviter l’eau
bouillante et je me suis brûlé le cul
aussi.

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