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8.1.19

La bêtise est le contraire de l’étrangeté. — Un écrivaillon dont le haut fait est d’avoir traversé la rue des Saints-Pères il y a déjà fort longtemps dit quelque chose sur un sujet, lequel n’a absolument aucun intérêt en soi, et voilà que, soudain, des milliers de personnes ont un avis sur la question. Et le donnent. Un auteur qui singe au physique Céline dans un français passable publie un volume et voilà que, soudain, des milliers de personnes ont quelque chose à dire à ce propos. Et se refusent à garder le silence. Les professionnels du bavardage, certes, mais toute une foule d’anonymes encore, qui aimeraient bien en être, mais ne sont que des amateurs. Car, même dans la bêtise, il y a des degrés. — La bêtise, d’ailleurs, est un phénomène massif, qui emporte avec elle des foules d’individus qui ignorent tout les uns des autres, mais se retrouvent brusquement pour partager leur opinion sur un sujet qu’on leur impose. La vraie question serait de savoir qui impose le sujet, mais il ne s’agit pas dans des phénomènes de ce genre de s’interroger, non, purement et simplement d’ânonner. — La bêtise est le contraire de l’étrangeté de l’idiot. Pas de l’idiotie. L’idiotie n’existe pas. Il n’y a que des idiots, des individus qui se soustraient à l’abstraction où les autres se voient précipités par le phénomène croissant jusqu’à l’épuisement de la bêtise. S’il fallait donner des représentations schématiques de la bêtise et de l’idiot, la bêtise serait représentée par une courbe sinusoïdale, cependant que l’idiot suivrait une ligne droite, quelque part dans les alentours du zéro (un peu en dessous, au -1, disons). La bêtise croît de façon exponentielle et puis retombe en proportion inverse, brutalement, et croît ensuite de nouveau de façon exponentielle, et ainsi de suite, tandis que l’idiot continue de faire ce qu’il fait, quoi que cela puisse bien être au juste.

courbes

J’aime le parfum de déclin qui émane d’un sapin de Noël qui se fane. Tout s’effondre avec lui, guirlandes, boules, le temps, pour sa part, tient bon. Et on peut le regarder dans les deux sens, aussi bien en avant qu’en arrière, l’avenir comme le passé, en même temps dans ce sentiment présent. (Écrit au crayon mal taillé dans le cahier au bison rouge.)

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