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15.1.19

Cahiers 4, 5 & 6 en cours d’écriture dans les habitacles.

Quoi qu’il arrive, je n’arrêterai pas. Est-ce une bonne résolution ? Je ne sais pas. Bonne, je ne sais pas si elle l’est. En tout cas, oui, résolu, je le suis. C’est la moindre des choses, non ? Si je ne suis pas résolu, personne ne le sera pour moi — à ma place. Personne n’est jamais à la place d’un autre. Peut-être, après tout, peut-être, que cette période que je traverse me sera salutaire, l’isolement, l’impression que, quoi que je fasse, cela ne suscite rien que de l’indifférence. Je dis que cette période me sera salutaire, mais en suis-je convaincu ? Rien n’est moins sûr. Je ne me suis jamais vraiment vu comme un saint, un martyre. Le martyr, les épreuves, je m’en passerais bien volontiers. Est-ce pour cette raison que Dieu se détourne de moi, qu’il ne me répond pas quand je m’adresse à lui, la nuit, quand je ne dors pas ? La nuit dernière, derechef, quand Daphné, se réveillant, emporta avec elle le réveil de la maison entière. Pourquoi est-ce qu’au lieu de dormir — quand je suis réveillé comme ça en pleine nuit — je parle à Dieu ? Est-ce que je parle à Dieu dans mon sommeil et que, comme je dors, je ne m’en aperçois pas ? Mes rêves sont-ils des prières ? Comment le saurais-je ? Il faudrait que je le demande à Dieu, mais il ne me répond jamais. Ou bien alors quand je dors et, au réveil, je l’ai oublié. Je ne me sens pas l’âme d’un saint. D’un philosophe, oui, mais d’un saint, non. Est-ce que je l’ai déjà raconté ? Oui, je crois que je l’ai déjà raconté. Je devais avoir 12 ans, mon frère était en terminale, et il avait des difficultés avec la philosophie. Ce n’était pas pour lui. Il en parlait avec ma mère qui devait lui expliquer que c’était important, la philosophie, pour la culture, enfin, le genre de choses que ma mère disait, quoi, et moi, je m’en souviens très bien, je suis intervenu dans la conversation, conversation dans laquelle je n’avais rien à faire, mais j’y suis intervenu quand même pour déclarer : Je me sens une âme de philosophe. On imagine le malaise. J’ai toujours eu le chic pour faire des déclarations incongrues. Mais rigoureusement vraies. Je me sentais une âme de philosophe. Et aujourd’hui encore, je me sens une âme de philosophe. Mais pas de martyre ni de saint. Trop de souffrances, pas assez d’idées. Est-ce que le genre de déclarations incongrues que tu fais à 12 ans déterminent toute ta vie ? Il faut croire que oui.

Pourquoi fallait-il qu’il y eût quelque chose plutôt que rien ?

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