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19.1.19

L’amitié élève. Tout le reste (même ce qui lui ressemble à s’y méprendre) doit être détruit ou fuit. Impérativement. Gouffre entre les deux qui, quelquefois, fait qu’on les confond. Mais on n’est pas à un paradoxe près. À un bout de la semaine, l’amitié morte, nulle, laide. À l’autre, tout le contraire. Une semaine bien remplie.

J’ai eu Pierre au téléphone, hier. Et c’est vrai que, d’un certain point de vue, dans ma vie, il ne se passe pas grand-chose. Il n’y a pas, notamment, une foule d’événements à raconter, des gens que j’aurais rencontrés, des anecdotes, des ragots, des ondits, non. Est-ce plus intérieur ? Non, pas du tout. Quelle bêtise, cette histoire d’intérieur et d’extérieur. Mais quand tu écris, qu’est-ce que tu as à raconter ? Pas grand-chose. Tout dépend du point de vue où tu te places.

Et donc, moi, du point de vue où je me place, qu’est-ce que je vais raconter ?

Dans ses souvenirs de famille, Hermine Wittgenstein raconte l’attention maniaque que son frère Ludwig portait aux détails cependant qu’il construisait le palais de sa sœur Gretl à Vienne. « Je crois encore entendre, se souvient-elle ainsi, je crois encore entendre le serrurier lui demander à propos d’un trou de serrure : “Dites, Monsieur l’Ingénieur, est-ce qu’un millimètre ici est vraiment important ?” et, avant même qu’il ait fini sa phrase, un “Oui” fort et énergique retentit qui le fit presque sursauter. » Est-il possible d’être autrement que maniaque quand on est plongé dans l’invention, le travail (— L’invention est le seul vrai travail. —) ? La frontière n’est-elle pas toujours étique qui sépare la précision, l’exactitude, la rigueur du délire le plus complet, de la folie ? Enfin, la folie, que c’est mal dit. La frontière est nécessairement étique qui sépare l’obsession nécessaire à la poursuite de la perfection de l’obsession maladive qui se perd dans des détails sans jamais trouver comment sortir du piège qu’on s’est tendu.

Que faut-il faire alors ? Écrire. Écrire. Écrire.

Il y a des bouts que je prends ici. Des bouts que je prends là. Quand je mets ces bouts bout à bout ça donne quoi ? Je ne sais pas. Il y a de vieux fichiers dont je me souviens d’un coup. Qui se rappellent à moi. Qui entrent dans le texte qui est en train de s’écrire. Des versions antérieures. Oubliées. Des ruines. Mais pas tombées en désuétude. Actuelles. Malgré elles. Une vie d’écrivain (même raté, l’écrivain, pas la vie). Il y a des bouts que je prends ici des bouts que je prends là. C’est comme ça.

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