17.3.19

Est-il étonnant que des manifestations triomphantes de l’éthique photogénique et des explosions de violence tournée contre les symboles de la vulgarité riche et assumée ait lieu en même temps ? L’impératif qui consiste à sauver la planète est kitsch : personne ne peut vouloir ne pas sauver la planète, il est parfaitement vide, ne proposant rien qu’une prise de conscience individuelle et une dénonciation de l’inaction de l’autre, l’État, le pouvoir. La destruction des temples (supposés) de l’argent est le négatif de cette éthique photogénique, elle est aussi photogénique (on ne brûle que pour passer à la télé, pas pour changer le monde), mais négative ; personne ne désirant la destruction (cf. ci-dessus), personne ne soutiendra des actions qui conduisent à la destruction. D’ailleurs, il est clair que personne ne veut vraiment changer le monde, simplement passer à la télé. Ce qui est absolument différent. Or, la révolution ne sera pas télévisée, comme disait l’autre, parce que la télévision neutralise la révolution. Avant même que la révolution ait lieu, elle impose son kitsch photogénique à tous et, les pauvres qui s’y refusent, finiront enfermés avant même qu’ils aient eu l’idée d’agir. À la rigueur, la révolution présuppose la destruction de la télévision, la fin de la spécularité qui boucle l’existence sur elle-même, interdit toute ouverture, toute sortie, tout ailleurs, toute différence.

Il est 9h51, ce dimanche. Je prends mon café en écrivant cette page de mon journal. Avant, juste après le réveil, je suis allé courir 5 km. Comme tous les jours, ou presque. Je n’ai probablement aucun avenir, mais je pense, et je me sens bien.

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