XX.

Quand les papillons de jour
et les papillons de nuit
se relaieront pour butiner
mon corps
je serai pareil à une plante
ou une chaise de bureau
en polyuréthane
grise
et abandonnée
sur le bas-côté d’une route de campagne
quelque part en France
mais pas ailleurs
non
je n’aurai plus la chance du langage
et peut-être pourrais-je enfin
cesser de courir
cesser de penser
me reposer
ou bien alors
sans plus faire le moindre bruit
m’effacer.