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17.8.19

Civilisation de supermarché.

Peut-être ai-je tout raté — non : peut-être vais-je tout rater à partir de maintenant, mais non si j’en juge par ma capacité à consentir à l’effort. Depuis le 23.7.19, j’ai écrit tous les jours sans exception. Et depuis le 29.7.19, j’ai écrit ce journal plusun autre texte qui n’a pas de titre, mais commence à avoir une structure (à supposer qu’un premier chapitre puisse constituer une structure, une ébauche, peut-être). Et aussi : les carnets, les feuilles volantes. Écriture qui ne s’épuise pas, au contraire, puise des ressources dans ce que je m’efforce de devenir. Tu peux échouer parce que tout est contre toi, mais non par paresse. Tu peux tout rater — en un sens, tu as le droitde tout rater —, mais que ce ne soit pas par ta faute, que ce soit par la force des choses, que ce soit l’adversité, non pas ton naturel.

Ce matin, j’ai noté un rêve dans mon carnet. (Érotique.) Cette nuit, je me suis réveillé, à cause du rêve que j’étais en train de faire, j’ai pensé à ce rêve, je l’ai considéré en tant qu’événement, je l’ai mémorisé. Et puis, je me suis rendormi (toujours pas insomniaque, courir semble incompatible avec l’insomnie). Ce matin, quand le camion est passé dans la rue, c’est la première chose à laquelle j’ai pensé. Et puis, je me suis rendormi. Ensuite, quand Daphné est venue nous réveiller, c’est encore la première chose à laquelle j’ai pensé. J’ai écrit ce rêve sans l’écrire. Ensuite, j’ai pris mon petit-déjeuner. Après quoi, dans mon carnet au bison rouge, profitant d’un instant de calme, j’ai écrit ce rêve, qui ne me semblait déjà plus un rêve, mais une sorte d’événement textuel, alors que je l’avais bien rêvé, aucun doute à ce sujet, mais ce rêve était devenu autre chose que lui-même. Ce qui arrive toujours quand on pense, quand on écrit. Un peu plus tard dans la matinée, Daphné et Nelly étant sorties, j’ai recopié dans le bison rouge aussi les « notes à recopier » que j’avais prises sur des feuilles volantes, 4 versos de la version originale imprimée sur papier A4 d’un livre que j’ai traduit l’année dernière, et dont le contenu résume en partie les quatre semaines passées ici.

Il pleut. Je suis sorti courir. C’est l’automne, ai-je pensé en pataugeant dans la boue. De l’autre côté de la France, où nous retournerons demain, c’est encore l’été. Il fait soleil.

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