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11.11.19

Félicité de ne rien faire. Marcher sur la plage couverte de détritus en plastique. Chercher des coquillages pour Daphné que je ne trouve pas. Nelly en trouve trois, petits. Les yeux rivés au sable, je croise une dame d’un certain âge qui m’adresse un bonjour sonore. Le mien reste enroué dans ma gorge. Elle se débarrasse rapidement des derniers vêtements qu’elle porte, range sous son maillot de bain un étui suspendu à son cou par une corde dans lequel je devine se trouvent les affaires qu’elle ne doit pas perdre ou se faire voler. Et puis, elle entre l’eau. Comme en plein été. Arpente la mer de long en large à un rythme soutenu. S’enfonce de plus en plus. Nage enfin. Un vieil homme tatoué démarre le moteur de sa grosse moto américaine devant son cabanon face à la mer. Et le laisse en marche sans rouler. Il tourne la poignée d’accélérateur, reste comme plusieurs secondes à faire gueuler le moteur, relâche la poignée, recommence trois, quatre, cinq fois. Nuages des fumée. Air un peu plus irrespirable. Ensuite, il retourne dans son cabanon tout en laissant tourner le moteur tout seul. Un peu après, une vieille sort de son cabanon à elle, se dirige en grommelant vers la cabanon du vieux, regarde par la porte vitrée, semble ne rien voir, s’en retourne en grommelant. Revient au même moment qu’un autre vieux qui entre lui aussi dans son cabanon. Ils échangent quelques mots. Referment la porte derrière eux. Encore un peu après, le vieil homme tatoué sort de nouveau de son cabanon pour couper le moteur. Et rentre. Je fais des photographies sur la plage. De la plage. De la mer. Du ciel. De Daphné qui joue avec ses bottes de pluie sur le rivage. Se trempe les pieds, s’assoit dans le sable mouillé, se trempe les fesses. Marcher sur la digue. Regarder les voiles des bateaux de l’autre côté de la digue. Le ciel est gris. En général. Parfois il pleut. Parfois il y a un rayon de soleil. Je ne pense pas, je ne pense à rien, je suis là, enfin je crois. Hier encore, je m’étais posé des questions sur mon époque. Des questions dont j’avais failli faire des phrases. Mais non, à quoi auraient-elles bien pu servir ? Je n’ai pas fait ces phrases, et c’est tant mieux. Aujourd’hui, à mon époque, tout est comme hier, comme demain, unsinnig, c’est le premier mot qui me vient, ne me demande pas pourquoi. Le monde est laid, c’est ainsi que nous le rendons (c’est ce que je veux dire), mais tu peux ressentir une grande félicité, un lundi pareil à un dimanche, quand la matinée est grise.

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