ça sent la mort pure

Ça sent la mort pure
l’entêtant parfum de la pourriture
nous avons de petites armes qui nous défigurent
l’espace public est contaminé
interdiction de circuler
qu’il est faible le bras armé
de nos gestes barrières
ridicules prières
d’un peuple qui n’a plus de foi
se laisse tout entier dominé par la loi
quand on la croise
la vieille dame se fige
tire un bout d’étoffe autour de son cou
qu’elle remonte maladroite
sur sa bouche
sur son nez
pas la peine de les dénombrer
les cadavres sont là
partout et debout
je les vois déambuler
bonnes âmes en peine
dans la rue
il suffirait
pour qu’elles tombent
de leur souffler dessus
et que s’écroule
avec elles
le petit édicule
sans force ni ferveur ni vigueur
où se tapit la civilisation.

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N.B. Ce texte est extrait d’un ensemble plus long, un poème intitulé couleurs primaires (et partout c’est la guerre), encore en cours d’écriture.