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24.7.21

Rien de ce que je puis faire ne changera la couleur du ciel. Et pourtant, ce gris matinal m’apaise. Après la pluie, tombée durant la nuit, il fait moins chaud. De combien de vérités banales la réalité est-elle composée ? Une infinité, c’est ce que l’on découvrirait sans doute si l’on entreprenait un inventaire. Mais une vie n’y suffisant pas, ce serait peine perdue, n’est-ce pas ? Sécheresse de la peau, une blancheur excessive se forme parfois à la surface. Je la regarde, même après qu’elle a disparu, la cherche. Je lis le résumé d’un livre dont il me semble qu’il était écrit à l’avance, ce par quoi je ne désigne pas simplement son manque d’originalité, mais sa logique propre, interne, pour ainsi dire, car, en effet, on ne rompt pas avec l’absence d’originalité, la médiocrité, la trivialité quand on s’aperçoit qu’on en souffre, non, on pousse plus loin, on suit la voie ainsi ouverte, quitte à n’aller nulle part, autant y aller jusqu’au bout. C’est étrange, me dis-je, cette façon de vivre, mais c’est elle qui plaît, c’est elle qui permet de remporter des succès. Dans le même état d’esprit qu’hier, j’hésite à donner le nom de l’autrice en question. Y pense quelques instants avant de me dire non. Pas de nom. Que du blanc à la place des êtres. Me sentant négatif, ces derniers temps, je me suis ainsi dit qu’il me faudrait sans doute l’être moins, et puis, j’ai songé aux premières lignes de la Dialectique négative d’Adorno, les seules du livre que j’ai lues pour le moment, lignes qu’il me faudra relire car je ne les ai pas bien comprises, où il écrit que sa dialectique voudrait se libérer de toute essence affirmative. Faut-il alors aller encore plus profond dans le négatif ? Cependant que j’essaie de faire le tour de la question, mes yeux se perdent dans le vide de mon regard plus très net. De l’autre côté de la porte, l’enfant joue, j’entends ses rires et ses ritournelles. Je fais craquer mes doigts, m’étirent sans parvenir à me sentir réellement éveillé. Vais-je encore m’ennuyer ? Ces derniers temps (bis), le désir de faire quelque chose ne me quitte pas sans que, toutefois, je ne fasse rien. Est-ce par manque passager d’énergie ou n’aurai-je plus jamais la force de faire quoi que ce soit ? Peut-être suis-je épuisé (comme un gisement d’où on a extrait tout le minerai). Mais qu’est-ce que cela veut dire ? N’est-ce pas plutôt que je ne me mets pas au travail attendant en vain une idée supposée tout éclaircir d’un coup, par son existence même ? Je confie à la machine la tâche de compter le nombre de signes écrits, caresse les poils de ma barbe, songe à me raser et puis, me regardant dans le miroir, pense qu’elle peut encore attendre sauvage.

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