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18.2.22

Il fait beau mais je ne vis pas dans la beauté. Enfin, pas celle-là, impersonnelle, à tout le monde. Si les choses communes importent, bien évidemment, toutes les choses doivent-elles être communes ? Nous touchons là aux limites de la politique. Ce vieil homme obèse qui photographie son chien qui court sur la plage au milieu des enfants, qu’ai-je de commun avec lui ? À Nelly, je fais des remarques désobligeantes à son sujet, et le pire, c’est que je les pense. Disons peut-être ceci : si j’ai des choses en commun avec lui (des propriétés internes et des propriétés externes), je n’ai rien de commun avec lui. Nous partageons l’essentiel de nos propriétés, celles dont nous ne sommes pas responsables ; c’est notre idiosyncrasie qui nous distingue. Du désir de n’être pas comme tout le monde (quand même ce ne serait qu’un fantasme de plus). Seule l’existence de choses étrangères à la politique est susceptible de nous sauver. À défaut de cette existence-là — nonpolitique, apolitique, extrapolitique, antipolitique, etc., dis tout cela à la fois et plus encore —, nous sommes condamnés à la surpopulation, cela même qui nous tue. Lentement mais mortellement. Fatal pléonasme. Sur la plage, je prends en photographie l’enfant qui joue dans l’eau. Un peu plus tard, j’irai courir dans le parc. Des enfants chanteront à tue-tête. Toute une vie.

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