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30.4.22

Plus (+) parlé en une demi-journée qu’en des mois, me semble-t-il. De là à dire qu’il n’y a qu’ici que se trouvent « les gens qui parlent », il n’y a qu’un pas que j’hésite encore un peu à franchir, mais à peine (le fait de le nier, n’est-ce pas le dire ?). Peut-être n’y a-t-il qu’ici que se trouvent des gens avec qui je puis parler, à qui j’ai quelque chose à dire, avec qui la langue prend. Pas tout le monde, non, certaines personnes. Que s’est-il passé entre ce moment (hier, par exemple, puisqu’il est question de manières de retrouvailles) et un autre situé plus tôt dans le temps ? Sait-on jamais ce qu’il se passe ? (Fate question.) Si l’on se représente le temps de façon spatiale, c’est une flèche, du moins est-ce ainsi que nous semblons vivre le temps de notre vie, mais faut-il réellement se le représenter de la sorte ? Faut-il seulement se le représenter ? En chercher l’image correspondante ? L’imagination spatiale nous limite, qui impose des schémas préconçus à ce qui a lieu (la notion de répétition, par exemple, laquelle n’a rien d’évident : est-ce toujours rigoureusement et en tous points la même chose qui se produit à nouveau et à nouveau, j’entends : exactement le même geste, le même mouvement, la même parole ? Le contraire du temps-flèche, c’est le temps-cercle alors que nous ne sommes pas pris dans une boucle), l’imagination musicale, en l’occurrence, en cette occurrence comme en d’autres, dois-je mieux dire, l’imagination musicale ne nous libérerait-elle pas ? De nous-mêmes, de nos préjugés, de nos pensées réflexes, des concepts que nous mobilisons pour nous protéger du monde réel : que le monde réel soit imbécile ne signifie pas que nous devions absolument nous en protéger, il n’est pas bon de chercher à l’éviter toujours — il existe, il est là, fais avec, ce qui ne veut pas dire : soumets-toi à lui, mais fais-en quelque chose, change-le, transforme-le. Un motif revient dans le développement d’une pièce musicale : qui penserait qu’il s’agit là d’un retour en arrière ? C’est un moment nécessaire à son développement, s’interdire le retour du motif, ce serait nier la dynamique même de la pièce. Le motif qui revient dans la vie, pourquoi ne serait-il pas de même nature ?

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