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3.3.17

3.3.17

Ce matin, la séance musicale de Daphné a donné lieu à l’écoute de la « Suite Bergamasque » de Debussy jouée par Samson François. Et je me suis souvenu de la première fois que j’avais entendu cette musique : le passepied (*) de la suite. C’était il y a plusieurs années, Nelly conduisait la voiture que nous avions louée pour nous rendre en Bretagne, à Kerascoët, au bout du Finistère, et moi, je m’étais endormi. Je me souviens que la musique m’avait tiré de mon sommeil, ou que je m’étais éveillé avec elle, ce qui avait occasionné un moment d’écoute onirique. Je ne savais plus très bien ce qui appartenait au rêve et ce qui appartenait à la veille, la musique formant comme une sorte de transition entre les deux, un pont suspendu entre le sommeil et l’éveil. Quand j’avais ouvert les yeux, j’entendais déjà la musique et je crois que j’étais déjà en train de l’écouter, si bien que l’éveil ne fut pas total puisque, comme j’entendais déjà la musique dans mon rêve, en m’éveillant avec la musique, je dus emporter un peu de rêve avec moi dans la veille, ou plus exactement, peut-être, la musique importa le rêve dans l’éveil. Je me souviens qu’il faisait beau et aussi de l’absence d’illumination au réveil, comme si la lumière se trouvait aussi dans la musique et, donc, dans mon rêve. Peut-être ne me suis-je pas éveillé, d’ailleurs, peut-être suis-je encore dans ce rêve et est-ce la raison que j’aime tant ce mouvement- dans cette interprétation- parce qu’il me rappelle chaque fois que je l’entends, ou même que je m’apprête à l’entendre, comme cela a été le cas ce matin, l’origine de mon état, l’origine de mon intérêt pour les états ambigus qui, à mi-chemin entre les contraires, les mélangent, les brouillent et tendent à les dépasser.

Tout ce que ça me dit : la république à pépé, c’est fini. Mais il ne faut pas en finir avec unetelle ou untel en particulier (comme si c’était cela, le problème), non, il faut repenser les institutions et commencer par rompre avec le scrutin uninominal pour installer des collectifs. Il faut se débarrasser de l’idée néfaste — et fausse — selon laquelle la politique, le gouvernement, dans une démocratie, ce peut être l’affaire d’un homme face à son destin, un homme providentiel qui va à la rencontre du peuple. Il faut commencer par rendre le pouvoir, et ne plus songer à le prendre. Rendre le pouvoir, mais pas comme on rend les armes, pour les donner à ceux qui nous ont battus, au contraire, pour l’abandonner, pour penser une politique qui ne fonctionne pas à la mesure, à la réforme, mais soit une intelligence collective de l’existence. — C’est ce que devrait être la démocratie : une institution du collectif.

(*) Remarque, d’ailleurs, et malgré le correcteur d’orthographe qui ignore jusqu’au mot, comme tout se tient :
PASSE-PIED, PASSEPIED, subst. masc.
A.−
DANSE
1. Danse française ancienne à trois temps, d’origine bretonne, vive, gaie et qui s’apparente au menuet ; pièce instrumentale dans le rythme de cette danse, parfois insérée dans la suite classique, entre la sarabande et la gigue (d’apr. Candé 1961 et Pinch. Mus. 1973):

. L’emboîté (ou passe-pied). C’est une marche légère et agile caractérisée par le passage des pieds l’un devant l’autre, talon contre pointe, soit pour avancer, soit pour reculer. Ce pas a donné son nom à une danse ancienne, le passe-pied, qui l’utilise dans ses enchaînements. Bourgat, Techn. danse, 1959, p.100.

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