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15.3.17

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7,01 km | 40:04 temps, m’informe le registre des courses, et si je doute des vertus sanitaires de la course à pied, je ne peux pas nier qu’elle possède des vertus libératoires en ce qui concerne la pensée. Avant d’aller courir, je cherchais à formuler un idée pour conclure mon article (enfin, plus une rhapsodie, ce doit être l’influence de Samson François) sur Pàmies, idée que je ne parvenais pas à trouver et qui a fini par m’apparaître en courant, de manière très claire, comme un trait net, une succession de phrases s’enchaînant parfaitement. Après avoir écrit les phrases en question, en revenant du tour que j’étais allé faire ensuite à la Fnac du coin, temple de la culture et désert de l’esprit, je me suis souvenu des insultes que Nietzsche adresse à Flaubert dans le Crépuscule des idoles (Maximes et traits, § 34.) :

On ne peut penser et écrire qu’assis (G. Flaubert). — Damit habe ich dich, Nihilist! Das Sitzfleisch ist gerade die Sünde wider den heiligen Geist. Nur die ergangenen Gedanken haben Werth. On ne peut penser et écrire qu’assis (G. Flaubert). — Je te tiens, nihiliste ! Le cul-de-plomb, c’est justement cela, le péché contre l’esprit saint. Seules les pensées qui se promènent ont de la valeur.

Preuve que Nietzsche n’aurait peut-être pas méprisé la course à pied, au contraire, puisqu’elle permet de mettre la pensée en mouvement, de l’inciter à se bouger les fesses plutôt que de rester là à attendre que quelque chose de passe. C’est la double santé du déplacement.

Le mec de la voisine du dessus est de retour. Du coup, je bénéficie de ses bâillements sonores de fauve en cage, des bruits grossiers qu’émettent les jeux vidéos auxquels il joue (des bruits de pièces qui tombent dans une besace, ai-je l’impression) et son espèce de technique de guitariste manchot (il ne fait absolument aucun progrès, ce doit être une notion qui lui est parfaitement étrangère, d’ailleurs il fait toujours la même chose, je l’entends). Aussi : un clochard qui écluse de la bière Amsterdam vient d’élire domicile devant l’entrée de l’immeuble. Entre la Fnac Montparnasse et chez moi, c’est-à-dire 350 mètres de distance, si je me souviens bien de ce que j’ai vu, ils sont au moins six à faire la manche, tenir le mur, ou cuver leur bière comme celui qui s’est échoué en bas. Mais bien sûr : Paris sera toujours Paris.

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