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5.4.17

5.3.17

7 km | 38:31 temps | 5:30 mn/km, me dit le registre des courses du jour. Ça commence à faire mal. Tant mieux.

Passé la journée d’hier dans un état de dépression quelque part entre De l’inconvénient d’être né de Cioran et « Death to Everyone » de Bonnie « Prince » Billy, jusqu’à la crise, en fin de journée, et puis la solution non pas au problème qui a été la cause de ma dépression passagère, mais un autre problème autour duquel je tourne depuis des mois sans y trouver de solutions. Évidemment, la solution au problème qui n’était pas la cause de ma dépression passagère soulage cependant ladite dépression passagère parce qu’après tout, il est vrai que rien n’est étranger à rien et que tout est lié à tout d’une façon ou d’une autre. Je ne sais pas encore, cependant, si c’est une bonne solution à mon problème, mais l’espace d’un instant — l’instant durant lequel cette solution m’est apparue —, il m’a semblé que l’horizon s’éclaircissait, que les choses donc devenaient plus claires, qu’elles prenaient un sens que je leur cherchais sans le trouver parce que j’étais le nez sur la tâche — mais comment vais-je écrire ce livre, putain, je n’arriverai jamais à écrire ce livre, et je n’écrirai plus rien plus jamais — et puis, dans l’écart involontaire quand ton corps te pousse à penser à autre chose, tu entraperçois la solution. Oh, rien n’est fait, non, évidemment que non, rien n’est fait, mais ce que tu fais a déjà plus de sens, plus de consistance, il y a une perspective qui s’ouvre devant toi. Et pourtant, c’était là, devant toi, tout te conduisait à cette solution que tu n’étais tout simplement pas capable de voir. Il fallait que tu passes par autre chose, un détour. Bon, ce n’est pas tout, il faut l’écrire, ce livre, maintenant. Et il est encore plus grand que dans la version précédente, virtuellement, si j’ose dire.

Ce n’est pas hier que j’ai pensé à Cioran, pas même à Bonnie « Prince » Billy, non, c’est ce matin, après avoir passé la martinée à traduire des araignées et après être allé courir. Hier, non, c’était impossible de penser à quoi que ce soit, j’étais collé à moi-même comme une chose insignifiante qui suce toute la vie qu’elle peut sucer pour survivre alors qu’elle n’a sans doute même pas le droit de vivre. C’est aujourd’hui que je pense à ces comparaisons qui me semblent vouloir dire quelque chose. Aussi, j’écoute I See a Darkness, qui est peut-être l’un des plus beaux disques jamais enregistrés. Il y a quelques années, nous étions allés voir Bonnie « Prince » Billy en concert, Nelly et moi, à la Cigale, je crois, il jouait une espèce de post-country incroyable qui faisait frissonner, qui donnait envie de hurler de joie et de pleurer en même temps. C’est cette même impression que j’ai cet après-midi en écoutant le disque en entier et surtout « Nomadic Reverie (All Around) ». — Comment écrit-on une chanson si parfaite qu’elle semble improbable et naturelle en même temps, impossible et simplement juste, absolument underground et parfaitement pop ? Tout est génial dans ce disque, les arrangements minimalistes, lo-fi, le décalage infinitésimal des deux voix superposées, et les chansons elles-mêmes, parfaites, terribles, tristes, sensuelles, jouissives.

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