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2.5.17

Hier, épuisé. Physiquement, si je peux dire ça simplement comme ça. Moralement (même remarque), je ne sais pas, mais je crois que ça va. Je cherche quelque chose que je n’ai pas encore trouvé, ce qui est à la fois stimulant, excitant (tu cherches toujours quelque chose que tu n’as pas encore trouvé, sinon tu ne cherches pas, bien sûr, tu as déjà trouvé, mais tu cherches aussi parce que c’est là que tu trouves l’un des sens de ton existence) et frustrant (tu n’as pas trouvé et tu ne sais pas si tu trouveras, est-ce que tu ne perds pas ton temps à chercher ? ne vaudrait-il pas mieux (re)faire ce que tu crois savoir déjà faire ? mais est-ce que je sais faire quoi que ce soit ?). Ce n’est pas le paradoxe du Ménon, mais bon. En ce moment, aussi, l’écriture est-elle assez bizarre en ce sens que j’ai un plan pour l’histoire de la forêt, mais déjà, ce plan, je ne l’ai pas écrit parce qu’il me semble que si je l’écris, je risque de le figer, de le rigidifier ou, au contraire, de le dissoudre. J’essaie de m’en servir comme d’une sorte de flambeau pour avancer dans le noir, sans qu’il se matérialise toutefois à la manière de cases que je n’aurais plus ensuite qu’à remplir. C’est un équilibre instable dont il faut trouver les conditions de possibilité et, ensuite, parvenir à les maintenir le plus longtemps possible, aussi longtemps que dure l’écriture qui, cette fois, est plus longue (prend plus de temps) que d’habitude. Il y a longtemps, dans un carnet, et puis, si mes souvenirs sont exacts, dans un des premiers textes que j’ai écrits, quand j’écrivais exclusivement ou presque des aphorismes, j’avais noté quelque chose comme : Je ne suis pas un équilibriste. Je suis un instabiliste. Ce n’est pas la même chose, mais c’est la même personne. Aphorisme de peu de valeur, certes, je m’en rends bien compte, mais qui parle de la même idée que celle dont je parle aujourd’hui : l’instabilité est une forme d’équilibre qu’il faut maintenir. Les choses ne tiennent pas toutes seules en équilibre instable, comme quand tu marches. Il faut faire constamment l’équilibre pour qu’il soit instable, c’est-à-dire : dynamique, qui permette le mouvement, la vie, sans que pour autant tout s’effondre soudain et que tes efforts par conséquent soient purement et simplement réduits à néant. J’écris une partie et je pense à une autre, à l’autre bout de la chaîne des raisons, pour ainsi dire, parce qu’un changement d’un côté de l’organisation aura des modifications sur l’état des choses à l’autre bout de l’organisation. Organisation qui, dès lors, n’en est pas une, mais un organisme. Ce que tu fais d’une main a une influence sur ce que tu fais de l’autre — mouvement de balancier.

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