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17.6.17

Davy Byrnes 21 Duke Street Dublin

Au Davy Byrnes, le moins que l’on puisse dire, c’est que la moyenne d’âge est plutôt dégarnie, et les seuls qui aient encore quelques cheveux qui tiennent tous seuls sur la tête, ou ne soient pas totalement gris (et teints pour les femmes, bien sûr), ce sont sans doute les touristes dont, donc, nous faisons partie. Mais ça ne fait rien : malgré l’industrie touristique qui vit sur le compte de James Joyce, la tradition qui consiste à célébrer la littérature en se saoulant et en chantant des chansons vaut tous les cocktails de toutes les rentrées littéraires du monde. Il y a quelque chose de vivant, d’un peu forcé aussi, oui, il ne faut pas être naïf, mais ne faut-il pas se forcer pour vivre quelquefois ? Pour se lever, écrire, au lieu de rester au lit à ne rien faire (d’autant que ce n’est pas la pire des façons de passer le temps). Et si le « Gorgonzola sandwich & a glass of burgundy » est à €13.45, en revanche, la pinte de Guinness est à €5.5, ce qui — pour un Parisien habitué aux happy hours et à BFMTV — ressemble à s’y méprendre à un pays où coulent le lait et le miel. Peut-on ne pas envier un peuple qui vit ainsi son rapport à la légende, méprisant la pompe, le sérieux des cérémonies et des commémorations, et préfère boire et chanter ?

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