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8.1.18

Nuit au sommeil entrecoupé de nouveau des réveils de Daphné. Et puis, gris, le matin, dans la journée, pluie. Travail au ralenti. Déjà que c’est lent. Lecture en parallèle de l’original en anglais et de la traduction en français du texte des araignées. Second volume. Labeur, je crois que c’est le mot qui convient. Exercice de patience aussi, traduire en avançant si lentement, mais en avançant quand même. Deux cent six pages sur deux cent soixante-quatorze format A4, grandes marges mais interligne simple. Des milliers et des milliers de signes. Quand toute apparence de virtuosité, d’allant, de vitesse, de spontanéité disparaît pour ne laisser place qu’à une seule et longue activité : ruminer — des semaines durant.

Dehors, ciel chargé noir dilué, qui coule. Deux oiseaux de mer traversent le rectangle que la fenêtre y découpe. La pluie fait les traits fins obliques rapides devant tes yeux. Pour les oreilles, c’est autre chose. Son étouffé ; tout à l’heure, comme ce n’était pas si visible, j’ai dû aller ouvrir la fenêtre de la cuisine pour vérifier. La peau frissonne légèrement. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il fasse froid. Est-ce le manque de sommeil ? Pourquoi n’ai-je pas ouvert celle qui se trouve là, juste en face de moi ? Est-ce le manque de sommeil ?

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