29.3.18

Il faut savoir s’arrêter. Temporairement. Parce que tu ne peux pas t’arrêter définitivement. Si tu peux t’arrêter quand tu veux, si tu peux t’arrêter quand on te le demande, si tu peux t’arrêter définitivement, ce n’était vraiment pas la peine de commencer. Si tu peux t’arrêter, comment te distinguer d’un escroc ? On ne le peut pas. Même si, bien sûr, il faut savoir faire des pauses, respirer et laisser respirer les autres. Tout le monde en a besoin.

Quand tu ne sais plus si tu es fou ou si c’est le monde qui ne tourne pas rond, c’est que tu t’approches de quelque chose d’intéressant. Ou du bout du chemin.

Dans « La Grande Marche », la septième partie de l’Insoutenable légèreté de l’être, Kundera définit le kitsch comme négation de la merde et accord catégorique avec l’être, qui s’exprime dans le slogan de tous les grands défilés « Vive la vie ». — « À mort la mort », ferait aussi l’affaire.

Kundera explique aussi que le kitsch, l’accord fondamental avec l’être, exclut nécessairement toute manifestation d’individualisme, de doute, d’ironie. L’indistinction doit régner.

L’absence de distance, la dissolution de l’individualité de l’individu dans quelque chose de plus grand que lui, c’est cela que recherche tout pouvoir politique. Tant que quelqu’un pose une question, se pose une question, le pouvoir politique est menacé.

L’un subsumant les multiples, l’universel, les particuliers, c’est cela, la grande communion. Elle est l’idéal de toute Nation. Elle présuppose ta disparition à toi en tant que particulier.