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22.6.18

11 kilomètres, ce matin. Je n’avais pas envie de travailler, pas envie de finir la traduction du troisième volume des araignées et je n’avais pas encore reçu les épreuves du deuxième. Aussi, après avoir accompagné Daphné à la crèche parce que Nelly avait un rendez-vous à neuf heures, je me suis changé et je suis allé courir. Bien. Je me suis senti vraiment bien. De la maison jusqu’au Parc Valmer et retour au Parc Borély, un petit tour et puis onze. Du vent, ciel couvert, la mer presque noire par endroits (presque). Il faut avoir les sensations et ne pas penser à ce que tu fais. Il faut sentir son corps et ce qui l’entoure et ce avec quoi il est en contact et oublier qu’on peut penser ces sensations, simplement les avoir, et se laisser penser à autre chose, même pas que tu penses à autre chose pour te motiver (ce que j’ai fait précédemment), simplement penser, mais pas à ce que tu fais. C’est étonnant, étonnant parce que c’est la même entité qui court et qui pense — ne crois pas qu’il y ait d’un côté le corps et de l’esprit de l’autre —, mais qui parvient à faire plusieurs choses à la fois et à déconnecter ces plusieurs choses les unes des autres. Un peu comme un batteur qui désynchronise chacun des quatre membres avec lesquels il joue. Mais à quoi pense un batteur ? Un batteur ne pense à rien. C’est peut-être pour cette raison que je n’ai jamais réussi à jouer de la batterie, parce que je pense à ce que je fais en le faisant, alors qu’il ne faut pas y penser, il faut le faire et s’en détacher simultanément. Si tu te focalises sur la cause, tu te perds en chemin. En jouant de la musique, tu peux boucler la musique sur elle-même : ce que tu joues et ce que tu entends, le son se boucle, et tu peux aussi penser à autre chose. Les images qui te viennent, les phrases, tout, ce n’est pas la musique. C’est peut-être lié, mais c’est autre chose. Et donc, tu fais deux choses à la fois. Comme quand tu cours. Belle tomate. Rouge sombre et vert à l’extérieur. Rouge plus vif dedans. Veines presque blanches. Goût de la chair et texture semblables à l’aspect. Contrastés. Automates, vermeilles tomates.

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