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13.10.18

Pas grand-chose à raconter ces derniers temps. Tellement la migraine que j’ai vomi le matin. C’était mardi. Nelly venait de partir pour Paris. Je n’avais jamais ressenti ça. Je ne sais pas si c’est l’orage de la veille et l’ampoule qui rend l’âme et le flash de l’autre ampoule que tu allumes dans le couloir pour compenser, aura visuelle, spectaculaire auraculaire, ou la lecture de Ulysses de Joyce, qui occupe le plus clair de mes journées autrement désœuvrées, je ne sais pas — les deux peut-être. Peut-être les deux, oui. Climatologie de l’esprit. Ulysses. Se perdre dans quelque chose qui te dépasse complètement, se noyer dans la langue de l’autre comme on ne pourrait pas se noyer dans un fleuve, la Liffey, disons la Liffey, parce que dans la langue c’est affaire de respiration, de rythme, de ne plus rien comprendre du tout, pas de surnager, surtout pas, de plonger entier, couler à pic, centaines de voix qui se croisent et au milieu desquelles le lecteur n’est pas certain de trouver sa place, ni même en vérité d’en avoir une. Qui te dit que tu es le bienvenu ? Pourquoi faudrait-il que tu sois le bienvenu ? Pas grand-chose à raconter, non : ne faut-il pas une chance que ce soit entendu pour dire quelque chose ? Parler dans le vide, est-ce encore parler ? Tellement pas en phase avec le monde que le bec est cloué, mutisme obligé, débats qui semblent stériles, insapides. Nuls (en un mot, il suffit). Mais pas envie de jouer au vieil acariâtre, ah ça non, les cheveux blancs suffisent à accabler la pauvre chose pensante que je suis de vieillesse. Mais quand même, guerre des sexes races religions et caetera, pas de place pour l’esprit, enfin pas le mien, les curés ont tombé la soutane mais ils règnent sur les âmes perdues au monde, décréteurs de moralité, pas manger les animaux, apôtres chevelus ou calvites de la fin du monde, gare au temps qu’il fait, de plus en plus chaud, bientôt la terre fondra, tâcherons du cataclysme, diseurs de mésaventures, pitres de l’apocalypse, bonimenteurs de vérité, toujours quelque chose à sauver, la planète désormais comme l’âme jadis, l’âme s’est extériorisée, dedans dehors, c’est tout, mais c’est la même rengaine, repentez ! recyclez ! création continuée de la culpabilité. En fait, trop de choses à dire, mais pas de place pour ça. Personne pour entendre. Quelques oreilles de-ci de-là et puis quoi ? désert surpeuplé, marmaille. Autant la fermer. Sauf que ce serait trop bête. Non que je croie qu’on entendra un jour — et ce serait quand, ce jour, en fait ? on part sur un jeudi ou vous préférez plutôt le week-end ? —, mais s’il faut céder tout le temps la parole, autant s’avouer vaincu. Dans le cul. De toute façon, quel esprit sain s’aventurerait à la télé ? autant livrer sa tête sur un plateau, non, plutôt crever. Au lieu de quoi, pas envie de mourir, même parler au mur, c’est mieux. Les mots résonnent dans le silence. N’est-ce pas le meilleur écho qu’ils puissent recevoir ?

742910 ces signes compris.

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