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18.10.18

Depuis que j’ai (re)commencé à lire Ulysses, des phénomènes étranges ont eu lieu : j’ai eu une migraine terrible avec aura et vomissements (deux), il est tombé des trombes d’eau sur la ville (ce qui s’appelle un épisode méditerranéen), Nelly s’est fait une entorse du genou (en dansant), et j’en oublie sans doute, des plus infimes microscopiques inaperçus comme ces ombres que j’entraperçois quelquefois au coin de l’œil ou que je devine dans le reflet d’un des verres de mes lunettes dans le reflet de la vitre ouverte ou fermée tout dépend du temps qu’il fait. Évidemment, on ne peut pas établir de lien de causalité entre la lecture de Ulysses et ces évènements proprement dits, mais le fait qu’ils se produisent durant la même période ne peut pas non plus être ignoré comme si ces deux séries d’évènements (la lecture de Ulysses de James Joyce \\ les évènements dont j’ai parlé) étaient hétérogènes, étrangères l’une à l’autre ; la vérité est que ces deux séries se déroulent dans le même continuum espace-temps et que, à moins d’être dualiste au point de l’exagération, ce qu’il ne faut pas, oh non il ne faut pas, on ne saurait les distinguer du point de vue des essences. Tout se tient, mon petit père, tout se tient. Je crois que beaucoup de choses ont été dites sur ce livre. Certainement pas trop, non, on parle trop de Michel Houellebecq ou d’Éric Zemmour ou d’autres, mais d’eux non plus il ne vaut mieux pas trop en parler, ou de leurs clones ou de ces millions de petits parasites qui s’excitent autour d’eux, qui pour les encenser, qui pour les dénigrer, chacun pour capter un peu de la lumière qui les entoure (encore une histoire d’aura mais une autre cette fois) et que sa petite et médiocre personne ne permettra jamais d’attirer à elle seule. Ô grand jamais ! Mais on ne parlera pas trop des livres de James Joyce, ça, non. D’ailleurs si, plutôt que de gribouiller d’infâmes missives sur l’identité nationale ou son contraire ou le contraire du contraire de je ne sais pas trop quoi, l’essentiel c’est de faire parler de soi, les nainalphabètes qui s’étreignent, se frottent les uns contre les autres, astiquent les petites cellules dans le petit bocal qui leur sert de tête, dans l’espoir d’emblée et toujours encore déçu de jouir un peu voulaient bien fermer leur gueule, qui pourrait s’en plaindre ? Pas moi. Oh non, pas moi. Sauf qu’il en va ainsi dans le monde merdique qui m’a vu naître : je n’en ai rien à foutre de l’identité nationale, de ses contempteurs détracteurs chantres tracteurs et tout et tout, mais je ne peux pas échapper aux élucubrations érectiles d’une semipoignée d’énergumènes en manque de stimuli verbaux. Parce que tout circule, vois-tu. Autoroutes de l’information. Réseaux sociaux. Torrents de merde, oui. Verbum incarnatum, tout ça pour ça. D’ailleurs, peut-être que ça non plus, ce n’est pas sans rapports avec la lecture de Ulysses. C’est vrai que Joyce parlait de doublin loin de doublin, de l’étranger, Trieste-Zurich-Paris peut-on lire à la fin, mais enfin quand même tout se tient. On ne parle jamais trop des beaux livres, des livres ivres comme Ulysses, de la folie qui s’y fait jour et qui est le sel même de la vie, Ulysses, Finnegans Wake, de ces livres dont on se demande en les lisant comment on va bien pouvoir écrire ensuite, non pour ne plus rien écrire, au contraire, pour plus écrire, dépasser quelque chose que l’on tenait pour là, avant, qui le fut mais désormais plus. Avant d’écrire, on devrait toujours se poser des questions plus de questions trop de questions se demander mais comment vais-je faire ? je ne sais pas faire c’est impossible à faire autant ne rien faire et si ? plutôt que de foncer tête baissée dans un mur qui jamais n’avait demandé à te recevoir. On se croit toujours indispensable. Mais c’est faux. Bien sûr que c’est faux. Il faut le devenir. Et ça, on ne le sait jamais, ça vient toujours après-coup. Tout est-il lié ? Forse che sì forse che no. Pas bien avancé, mais après tout, tel n’est peut-être pas le but, peut-être vaut-il mieux demeurer encore un peu dans ce climat d’incompréhension, heures de lecture qui sont autant d’heures de mystère, de doute, d’apnée de la pensée, suspension, pas de raisons d’être quelqu’un d’autre, pas de raisons d’être quelqu’un, ni soi ni personne. Rien. Combien ? 382/1078.

Première tarte tatin de la pâte (sablée) jusques aux pommes (confites). Pas mal pour un débutant pas mal. Salade d’endives noix roquefort encorné farci tarte tatin (idée de menu).

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