20.11.18

J’écris dans mon carnet. Le bison rouge. C’est ainsi que je l’appelle. Et c’est tout ce que je fais. Enfin, c’est tout ce que je fais, non, ce n’est pas vrai. Je traduis aussi. Mais traduire, ce n’est pas faire comme écrire, c’est faire pour moi. Ce n’est pas autant faire, pourrais-je dire. C’est faire, certes, oui, c’est indéniable, je ne traduis pas sans rien faire, ce n’est pas possible, ce serait peut-être souhaitable, s’effacer entre les langues, pourquoi pas ? mais c’est un peu moins faire qu’écrire. Aussi dis-je que je ne fais rien d’autre qu’écrire. C’est le sentiment que j’ai. Quand même ce ne serait pas exactement vrai. Est-ce que c’est ce que tu vas faire pour le reste de ta vie ? Oui, pourquoi pas ? Ce serait une idée. Je n’ai pas d’autres idées en tout cas, en ce moment. Je consigne les rêves dont je me souviens dans mon carnet onirique, et j’écris des remarques, des notes, des aphorismes, des questions dans le bison rouge. Il ne me viendrait pas à l’idée, par exemple, d’écrire un livre en ce moment. À cause de ceux que j’ai écrits avant, le dernier surtout, celui qui ne verra probablement jamais le jour, mais je ne dis pas ça pour me plaindre. Parfois, je veux dire par là : parfois en ce moment, parfois en ce moment, j’ai l’impression d’être muet. Non pas muet, ce n’est pas ça, silencieux, j’ai l’impression de garder le silence et que je pourrai toujours garder le silence ainsi, que ce silence vaut mieux. Mieux que quoi ? Que tout, précisément. Mais cela non plus, ce n’est pas vrai. Je ne suis pas silencieux puisque j’écris. Est-ce que c’est une question de vérité ? On ne peut pas écarter purement et simplement la question de la vérité ou l’opposer à la question du sentiment. C’est ce que je ressens. Du moins, je le crois.

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1 Comment so far

  1. Je crois moi que Bison rouge n’a qu’à bien se tenir !…
    J’aime beaucoup l’humour détaché avec lequel tu livres ici ton ressenti. ☺

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