26.7.18

Il n’y a pas de version ultime d’un livre, d’un texte, d’une œuvre, de rien. On s’arrête, on fait autre chose, on n’a plus rien à dire, on a autre chose à dire, on est mort, on commence une nouvelle vie, on s’arrête pour faire autre chose ou plus rien du tout.

Le pouvoir qui se déguise en pouvoir pour exercer le pouvoir ; — telle est la figure inédite du monde nouveau. Où le vrai et le faux ne valent plus rien (pas d’argent pas de morale), ne sont remplacés par rien (pas d’espoir au lieu du savoir ni solidarité à la place de la vérité), mais se trouvent noyés dans des histoires à raconter dont l’aune n’est pas qu’elles soient bonnes ou mauvaises, mais qu’elles passent.

Fini la relecture en face à face du dernier volume des araignées. Par suite, exactement par suite, les idées se mettent en place pour retourner à habitacles, comme s’il avait fallu attendre d’être libéré de cette affaire pour écrire à nouveau.

John Cage. Daseitz Teitaro Suzuki. Socrate. Morton Feldman. Oui, j’écris un livre avec ça. Mais pas que ça.

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21.7.18

Le paradoxe : si la vie avait un sens, vaudrait-elle la peine d’être vécue ? C’est vrai que tu peux penser que ça n’a aucun sens comme question, mais pourtant si tu y réfléchis un peu, tout change de forme, d’apparence, de dimension, de tout, de sens, oui, précisément. Si la vie avait un sens, elle ne vaudrait pas la peine d’être vécue, quelqu’un l’aurait déjà vécue pour toi. La folie, dès lors, la mauvaise folie, pourrait-on dire pour préciser ce que l’on entend par là, la mauvaise folie ainsi, n’est-ce pas de vivre sa vie, mais de chercher un sens à sa vie. Un sens qui ait du sens. Un sens a toujours du sens. Or, s’il a du sens, c’est qu’il a déjà été vécu, ce sens-là. Ce en quoi il n’a pas besoin de toi pour en avoir, du sens. Tautologiquement. Peut-être, d’ailleurs, le sens n’est-il rien d’autre que cela — un immense vampire qui attend de la vie pour se prolonger, vouloir encore dire quelque chose. Signifier. Signifier. Signifier encore. Le sens se nourrit de vies faibles, fragiles, pauvres qui, autrement — c’est-à-dire : si elles n’avaient pas besoin de sens pour se sentir vivre, pas besoin d’une explication, d’une justification, tout ce que tu veux —, se déploieraient sans lui. Des vies de tout le monde. Sauf qu’il est là, le sens : Tu fais quoi dans la vie ? Tu gagnes bien ta vie ? Qu’est-ce que tu as fait de ta vie ? Mon Dieu, est-ce que je n’ai pas raté ma vie ? Putain, c’est quoi cette vie de merde ? qui te suce jusqu’à la moelle, sans chance de jouir aucune, pas de place pour la jouissance dans le sens, c’est ou bien l’existence ou bien son absurdité. Tripotée de philosophes pour te l’expliquer. Aujourd’hui, même, ils ont quitté Saint-Germain-des-Prés pour passer à la télé.

Le sens, la vérité, on pourrait s’en passer.

— On pourrait se passer de tout, non ?
— Non, je ne crois pas, non.

Non.

Ce matin : ménage.

we need poets we need painters we need poets we need painters we need poetry and paintings
, chante G.W. Sok de The Ex.

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20.7.18

Lénifiantes Triadic Memories de Morton Feldman. Dans l’après-midi, j’aurai écouté Palais de Mari, For Bunita Marcus (interrompue à cause d’un problème de fichier), et donc Triadic Memories. Étrange climat sonore : la musique de Feldman, le vent qui souffle et fait tinter aléatoirement le cordon pour allumer la lampe de bureau Bauhaus au bout duquel pendule une petite boule de métal, le ventilateur qui souffle un peu d’air chaud ou, du moins, jamais assez frais à mon goût, le bruit des travaux de l’autre côté de l’avenue et les lyriques cigales qui ne s’épuisent pas, elles, à cause de la chaleur. Au contraire. Plus envie de dormir que de travailler, mais il faut avancer. Avancer, malgré tout. À la fin de l’après-midi, je parviens à la moitié environ du travail. Enfin. Je sais à quoi la semaine qui vient sera consacrée. Aussi, ne reste-t-il pas beaucoup de place pour le reste. Tant pis. Ou tant mieux. Ne vaut-il pas mieux que les choses soient en silence plutôt qu’en souffrance ? Pas envie de travailler, mais tu travailles quand même.

Mon frère est drôle. Un sens de l’humour particulier, certes, mais drôle, oui. Ce qui nous sauve, sinon la vie, du moins la mise.

Ce matin, couru 10 km. Chaud, lourd, désagréable. Envie de m’arrêter avant d’arriver au bout, mais non. Au bout de quoi ? Entêté. Ce n’est pas une affaire de volonté. Je crois que ça confine surtout à la bêtise parfois. Ou à l’envie de se faire mal. Je ne cours pas vite, non, puisque je ne cours pas pour avancer, puisque je ne cours par pour aller quelque part. Peut-être que je cours pour faire du surplace. Mais alors pourquoi ne pas y rester justement — surplace ?

Est-ce que la musique de Feldman va quelque part ? Assurément. Et pourtant, dans ces plages longues, immenses, qui se dilatent dans le temps, pleines de vide, pleines de rien, pleines de silence, perçoit-on immédiatement qu’on y va ? Probablement pas. Et pourtant. On avance sans aller nulle part. On reste là où l’on est en touchant au but.

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18.7.18

Ça fait du bien, de temps en temps, d’oublier ses problèmes.
— Non. Ça fait du bien de les résoudre.

10 km ce matin. Bien. Ensuite, travaille à la traduction. Chaud. À tous les sens du terme. Pas une ligne à écrire depuis quelques jours, je ne sais pas combien exactement. Est-ce que je n’ai rien à dire ? C’est possible. Est-ce que je n’ai rien à dire ou est-ce que ça travaille en souterrain en attendant de remonter à la surface ? Je ne sais pas. C’est possible, aussi.

Tout est équipossible. Ou presque.

Sauf que, souvent, il suffit de se mettre à écrire.

En fait, la plupart du temps, le découragement, c’est le monde qui le provoque. Du moins, tu le ressens au contact du monde, quelque chose cloche ou quelque chose comme ça, sans que tu saches forcément quoi. D’ailleurs, quand même tu en aurais l’intuition ou bien la claire notion, est-ce que ça changerait quoi que ce soit ? Je ne sais pas.

Qu’est-ce que tu peux faire contre la foule ?

Commencer l’apprentissage d’une langue par la conjugaison du verbe être me semble logique. Pourquoi ? Tu ne commences pas à parler en disant Je suis. Est-ce que tu commences par analyser grammaticalement la phrase avant de te mettre à parler ensuite ? Non plus, non. Il faut bien commencer quelque part. Là. Par dire il y a quelque chose. Et conjuguer. Parce qu’il n’y a jamais qu’une seule façon de dire que c’est. Mais ça, on devrait le savoir depuis longtemps.

Dissoudre la métaphysique dans la grammaire, il aura quand même fallu quelques années pour en avoir l’idée.

Fais-toi discret.

— Mais alors, la gloire, ce ne sera jamais pour toi ?
— On verra après.
— Après quoi ?
— Devine.

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16.7.18

Ciel noir au loin. Éclairs à l’horizon. Beaux et dangereux.

Impossible d’éteindre mon cerveau.

Hier soir, impossible de m’endormir, impossible de cesser de me poser des questions, d’obtenir toujours des réponses qui, si ce sont les bonnes, font que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Je n’ai pas envie que la vie ne vaille pas la peine d’être vécue.

Si tu apprends à aimer l’ordre du monde et à renoncer à ta volonté, seras-tu plus heureux ?

N’est-ce pas la volonté qui te rend heureux ? Non pas son accomplissement. Mais qu’elle soit bonne ?

Comment sais-tu que ta volonté est bonne ?

Une volonté qui te rend heureux est-elle une volonté bonne ?

Tu ne peux jamais savoir si ta volonté est bonne.

Ne reconnaîtrais-tu pas, au contraire, que ta volonté est bonne parce qu’elle ne te rend pas heureux ?

L’accord entre l’ordre du monde et ma volonté, n’est-ce pas cela le bonheur ?

Il suffirait de changer ta volonté pour qu’elle s’accorde avec l’ordre du monde.

Quand même tous les événements du monde se dérouleraient comme ta volonté les veut, cela ne signifierait pas que ta volonté soit la cause que les événements du monde se déroulent comme ils se déroulent.

La volonté n’est pas une chose.

La volonté, aussi, est un événement.

Si tu voulais l’ordre du monde, il faudrait d’abord que tu veuilles ta volonté.

Et ainsi de suite à l’infini.

Quand aurais-tu voulu pour commencer ?

Qu’aurais-tu voulu pour commencer ?

Ta volonté ou rien ?

Il fait sombre, malgré les éclairs.

Manière de paralysie, me suis-je dit ce matin en repensant aux questions de la nuit, quand il n’est possible ni d’acquiescer ni de nier. Prisonnier en quelque sorte de l’époque et du besoin irrépressible de vivre malgré tout.

Il n’y a plus rien à faire, semble-t-il. Est-ce si terrible que cela ? Je ne sais pas.

10 km ce matin. Dur mais bien.

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13.7.18

Chaud aujourd’hui à Cadenet. Chez Christian et Danièle. Les pieds gonfles — comme Œdipe. On en apprend tous les jours. Heureusement. La machine Apple nous a fait prendre un chemin que nous n’avons jamais suivi pour y aller. On perd un temps fou à suivre l’intelligence artificielle qui ne comprend rien, n’entend rien, ne voit rien. Nulle. Guide aveugle qu’on finit par éteindre. On se débrouille très bien sans. Mieux, surtout.

Artifices de l’intelligence mécanique.

La vie est belle quand même tout le monde ne le serait pas. Il suffit d’être en bonne compagnie.

Dans le livre de Jean-Marie Gleize, le Livre des cabanes, que j’avais acheté quand j’habitais encore à Paris, mais que je n’avais pas lu pour des raisons qui, à vrai dire, aujourd’hui, m’échappent, je me souviens de ce que j’en avais dit, sauf que ce n’est pas pour cette raison que j’avais cessé de le lire, bref, dans le livre de Jean-Marie Gleize, le Livre des cabanes, il y a cette phrase imprimée en capitales d’imprimerie et en gras OUI NOUS HABITONS VOS RUINES, MAIS pas de point, rien, simplement ça : OUI NOUS HABITONS VOS RUINES, MAIS et en lisant cette phrase par hasard, au gré des pages qui défilent cependant que je feuillette le livre, je sais que tout est là, ou presque, de l’habitacle, les ruines et l’habitat, que c’est une question-clef qui, si on parvient à y comprendre quelque chose, ouvre quelque chose. MAIS QUOI ? ce n’est pas ce que Gleize demande, mais moi, terre à terre, MAIS QUOI ? oh, si je le savais, je ne (me) poserais pas la question, si je savais quelque chose, je n’écrirais pas de livres, surtout pas les livres que j’écris, si j’avais des réponses, je ne chercherais pas à publier mes livres, je les effacerais, je les brûlerais et VITE !

Lavande. Oliviers. Laurier. 

Pourquoi cette obsession de la cabane ? Est-ce une sorte de délire rustique ? Érémitique ? Pas vraiment. Enfin, pas pour moi. Très peu pour moi, le rustique, l’ermite. J’y vois une question de seuil. Et pas que le pas de la porte.

Regarde le soleil se coucher.

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11.7.18

Comment se fait-il qu’au sein d’une même espèce, certains ne se sentent nulle part mieux qu’au milieu de la foule cependant que d’autres n’en peuvent pas même souffrir l’idée ?

Ce n’est pas la bonne façon de poser la question.

Toute population se répartit en majorité et en minorités. Or, les minorités, quand même elles seraient numériquement supérieures à la majorité, ne peuvent former une majorité.

Ce n’est toujours pas ça, non.

L’individu est infra-minoritaire. Il est une île. Il peut former un archipel. Pas un continent. Il ne disparaît ni dans la masse majoritaire (le plus grand nombre) ni dans la revendication minoritaire (l’identité).

Peut-être, oui. Mais tout le monde n’est-il pas un individu ? — Je ne sais pas. Je n’ai pas la réponse à cette question.

Vent. Fort. Courir 10 kilomètre. La routine, mais la bonne. Le contraire de l’ennui.

À Roquefort, nord de Cassis, toujours plus de vent, qui soulève la terre sèche en nuages de poussière. Terre blanche, vigne verte, ciel bleu. Ce pays est merveilleux.

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10.7.18

Sait-on seulement ce qui nous tire de notre torpeur ? Un courant d’air frais, la peur de la mort ou bien la certitude que nous en avons ?

43704 signes espaces compris dans le fichier habitacles. Nous en avons parlé avec Pierre ce midi, au Cours Julien, pas du livre en tant que livre, mais de ce dont il est question dans le livre — de cabanes, de Wittgenstein, de Walden, d’étangs, de lacs. Je cours pour mincir, ai-je répété à Pierre. Pour trouver ce qu’il faut, aurais-je pu ajouter. Un seuil en-dessous duquel ce n’est pas assez et au-dessus duquel c’est trop. Je cours, c’est-à-dire : je cherche.

— Et quand tu auras trouvé ?
— Finit-on jamais de chercher ?
— Quand on meurt, peut-être.
— C’est par accident. Non par nécessité.

À un moment, Pierre propose d’écrire un traité de métaphysique à quatre mains. C’est une idée.

« by squatter’s right », écrit Thoreau. Le droit de squatter, de s’installer quelque part à la surface de la Terre. Ou d’ailleurs, d’ailleurs.

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9.7.18

7 ans aujourd’hui. 14, en fait. Mais pas 21.

10 km, ce matin. Avant le petit-déjeuner. Après, il fait trop chaud. Déjà que l’intérieur des cuisses en haut est brûlée à cause du frottement et de la transpiration, il me vaut mieux tâcher je crois de n’en pas rajouter. Pas toujours envie, mais il le faut. Apprendre à endurer. En courant, je me suis dit que, peut-être, je perdais du temps en courant, je pourrais faire autre chose, mais aussi que j’acquiers une nouvelle discipline. Et qu’elle libérera du temps et de l’espace quand elle sera proprement acquise (quand elle sera devenue une bonne routine) pour l’acquisition d’autres disciplines.

Il faut que tu te donnes des disciplines. Tu verras, elles n’ont rien à voir avec celles qu’on t’impose depuis la naissance. Certaines sont bonnes, je ne dis pas le contraire, il faut bien apprendre quelque chose. Mais la majorité ne sont que des façons de te tenir en respect. Pas celles que tu te donnes. Qui sont l’origine de l’autonomie.

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8.7.18

Tout à l’heure, après avoir perdu deux jours de ma vie dévoré par des moustiques porteurs de maladies exotiques mortelles — stigmates aux chevilles et aux poignets, coudes, sur les cuisses, les mollets, le cou et jusques au niveau du front, partout, putain, ils m’ont piqué partout ! —, j’ai pris la voiture pour aller quelque part. Mais très vite la question s’est posée de savoir où aller. Et la réponse est venue aussi vite que la question s’était posée : nulle part. Je n’ai nulle part où aller, me suis-je dit, et c’est embêtant, quelquefois. Quand on aurait besoin de voir quelqu’un, par exemple, mais qu’il n’y a personne. P E R S O N N E. Est-ce ainsi qu’on s’aperçoit qu’on est tout seul ? Peut-être. J’ai roulé pendant une heure dans Marseille et, vers la fin de la traversée de P E R S O N N E, j’ai remonté l’avenue de Hambourg jusqu’à je ne sais pas trop où, moment où j’ai croisé des policiers armés devant leurs fourgonnettes qui procédaient à des contrôles d’identité, pas moi, ils ne m’ont pas contrôlé, signe que je venais d’arriver à la Cayolle et qu’il était temps de rentrer, enfin, sinon de rentrer, du moins de faire demi-tour. Ce que j’ai fait. J’ai roulé encore. Une demi-heure. J’ai voulu m’arrêter pour aller faire un tour au Jardin de la Magalone, mais non. Mais non, vraiment ça ne voulait rien dire. Rien de ce que je faisais n’avait le moindre sens.

— Pourquoi est-ce que tu roules comme ça ?
— Pour avoir quelque chose à raconter.
— Mais à qui ? Tu viens de dire tu étais tout seul.
— Oh non, tu ne comprends pas. Je dis raconter au sens d’écrire.

Elle est là, toute l’étendue de mon problème avec le néant : je peux bien tolérer que rien n’ait de sens, mais un certain temps seulement. Au bout de ce certain temps, j’épuise mes réserves de patience et je redécouvre intacte l’exigence de sens. Bien sûr que rien n’a de sens, mais c’est insupportable. Écrivons quelque chose ! Aussi ai-je fini par rentrer à la maison pour écrire quelque chose.

C’est drôle, d’ailleurs, que les gens ne comprennent pas ce que j’écris. Pas seulement parce que je ne comprends pas qu’ils ne comprennent pas. Non, en fait, surtout parce que j’écris là même où il n’y a pas de sens. Là où j’écris, si je n’écrivais pas, il n’y aurait rien. Pas même du non-sens. Moins que ça. Moins que rien même. Mais les gens projettent des choses qu’ils savent déjà, qu’ils croient avoir comprises, sur ce qu’ils ne comprennent pas. J’écris parce que je n’ai rien à projeter de semblable. Devant ça, le vide, le blanc, le néant, le rien, j’accepte ma nudité, j’accepte de ne rien savoir du tout. Et je découvre que c’est insupportable. Non que je sache déjà quelque chose. C’est tout le contraire. Non, ce qui est insupportable, c’est de ne rien trouver, de ne rien découvrir, de ne rien inventer. De se contenter de répéter encore et toujours la même chose.

Tourner en rond en attendant de crever.

Peut-être que je ne supporte pas que l’on ne m’aime pas. Après tout, c’est peut-être ça. Mais je ne fais rien pour être aimé. Pas grand-chose, non, en effet.

— Pourquoi est-ce que tu écris ?
— Pour ne pas tourner en rond en attendant de crever.
— Tu sais que tout le monde écrit, ou presque. Même ceux qui sont couverts de gloire.
— Surtout eux, oui, surtout eux.
— Et alors ?
— Ils n’ont qu’à crever, ou presque.

Je me suis assis à mon bureau. J’ai écrit sept phrases dans le livre que je suis en train d’écrire. Et puis, j’ai raconté ce que je viens de raconter dans mon journal. C’est à ce moment-là que j’ai compris. Pendant deux jours, je n’avais pas pu disposer (de) mon esprit pour écrire. Parasité par le monde et les moustiques. En écrivant, je le sens, je me sens mieux.

Mais que ça ne les empêche pas de crever.

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