7.6.19

Cette nuit, j’ai rêvé que j’assistais en spectateur à une tuerie de masse qui se déroulait dans un grand complexe immobilier, gris. Un homme, qui semblait être un tueur en série en plus d’un tueur de masse, exécutait les gens un par un en leur tirant dessus avec un fusil, ou un fusil-mitrailleur, je ne sais pas très bien. J’assistais donc à ce spectacle, comme si je suivais le tueur à la trace, mais sans bouger, jusqu’à ce qu’il sorte de l’immeuble et se mette à tirer sur les gens qui se trouvaient à l’extérieur, dont deux personnes, notamment, qui étaient venues à scooter ou moto, et qui étaient en train de fuir en enlevant leur casque. Il tire sur la première, qui tombe. Il tire sur la deuxième, mais elle ne tombe pas. Au contraire, elle continue d’avancer, pas comme si elle ne sentait rien ou comme si ni la douleur ni les blessures ne l’empêchaient d’avancer, mais parce qu’elle n’est tout simplement pas blessée. Je m’aperçois alors que les balles sont fausses, à blanc, que tout cette scène n’est pas réelle. J’ai l’impression qu’on tourne un film, en fait (est-ce que je vois les caméras, les éclairages, etc. ? je n’en suis pas sûr mais je pense que oui). En tout cas, je sais que rien de tout ceci n’est vrai. Et c’est tout.

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6.6.19

Pourquoi sauver les apparences quand c’est l’essence qu’il faut détruire ?

L’odeur des pins
au soleil
l’été
sur cette rive de la Méditerranée

Je suis en train de regarder du tennis à la télé tout en déjeunant frugalement, et comme ce que je vois n’a rien de passionnant, je consulte mon fil Facebook qui, lui non plus, semble ne pas avoir le moindre intérêt, mais je regarde quand même, distrait, et puis, de distraction en distraction, je me rends compte que je suis en train de lire le témoignage de quelqu’un qui a travaillé et travaille peut-être encore comme livreur pour une start-up alimentaire, il décrit tout, le recrutement, l’environnement, les cadres dirigeants, les conditions de travail, la déshumanisation des relations de travail, leur informatisation algorithmique, l’exploitation totale de l’auto-entrepreneur forcé, avec ses horaires impossibles et un statut qui ne garantit aucune protection au travailleur, qui le confine absolument dans sa fonction de pure force de travail, de strict moyen de production, main d’œuvre, mais toute petite main, c’est bien écrit, style journalisme embedded à l’américaine, 100% de vécu dedans, intéressant, mais à un moment, je ne sais pas pourquoi, mais je sais que c’est mal de me dire ça, mais c’est trop tard je me le suis déjà dit, à un moment, j’ai envie de lui dire ne te prends pas la tête, fais un livre.

Tout est faux. Même le vrai est faux. Le faux n’est pas un moment du vrai. Il est devenu la réalité. Tout est faux, tellement qu’il faut changer de vocabulaire parce que celui qui contient l’opposition vrai vs.faux est désormais vide de sens, inopérant, inutile ; — il sonne creux. Comment dire dès lors ? Je ne sais pas. Quelquefois, dire les choses, c’est trop déprimant. Peut-être est-ce cela, d’ailleurs, qu’on appelle l’ineffable, tu ne crois pas ? Pas quelque chose qui ne peut pas être dit, mais quelque chose qu’on ne veut pas dire parce que c’est tellement déprimant qu’il vaut mieux raconter autre chose. Mais quand même, tu ne crois pas qu’il faudrait faire un effort ? Pourquoi ? Pour qui ? Pour Rihanna et Neymar Jr. (la pointe avancée de notre humanité) ? Pour ceux qui n’ont pas voix au chapitre ? Mais ai-je voix au chapitre, moi ? Vois-tu mes œuvres complètes sur les étals des supermarchés à côté de tous ces noms qui me font froid dans le dos quand j’y pense (pas la peine de les prononcer pour ce faire) ? Il y a des vocabulaires trop déprimants pour être inventés, alors on se tait. Ça ne change rien, de me taire. Ça ne me rendra pas meilleur, non, je sais, mais que puis-je y faire ? Ne faut-il pas savoir admettre que tu es impuissant ? Ce qui ne signifie pas que tu sois un bon à rien, que ta vie soit un échec, mais tu ne peux pas te laisser prendre au piège de l’illusion de la puissance. Il faut connaître les limites — non pas tes limites à toi, ce n’est pas de celles-là que je parle, non, les limites du monde. Les limites du monde tracent les limites de mon langage.

Quelqu’un pense-t-il à tous les événements qui, chaque jour en nombre infini, n’ont pas lieu ?

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5.6.19

Est-ce parce qu’on s’imagine que le sens de la vie doit être quelque chose d’extraordinaire qu’on s’imagine que les épiphanies elles aussi doivent être extraordinaires ? Mais se lever un matin et décider d’arrêter de fumer, prendre la résolution de ne plus manger et boire à outrance parce qu’on vient de s’apercevoir qu’on était obèse, commencer à tenir un journal et ne pas s’arrêter, percevoir que même si le monde est pourri et que les gens sont des cons la vie est belle quand même, toutes ces expériences, et bien d’autres encore, ne sont-elles pas des épiphanies ? Non qu’elles soient banales, mais les épiphanies ne peuvent-elles pas être simples, faciles, juste là, des expériences qui attendent d’être faites et que l’on fait ? Ce n’est peut-être pas la chose commune à se dire quand on passe l’aspirateur, en effet, mais c’est ce que je me suis dit. Je me l’étais déjà dit, un peu avant, d’abord, et ça a continué : pourquoi le sens de la vie devrait-il être extraordinaire alors que la vie, elle, n’a rien d’extraordinaire ? On a beau s’efforcer de vendre des destins, des héros, et autres demi-dieux, dès qu’on y regarde d’un peu plus près, on découvre qu’il n’y là que des hasards, des pauvres types et des imbéciles pétris de tendances à l’érotomanie autocentrée. Pourquoi le sens de la vie serait-il extraordinaire ? Et surtout, à quoi nous servirait-il, ce sens, s’il l’était, s’il était étranger à nos vies ? Que puis-je bien faire d’un sens qui me soit étranger ? Me disant cela, étais-je en train de faire l’apologie du petit, de l’humble, de la médiocrité ? Non, je ne crois pas. En tout cas, ce n’est pas ce que je veux dire. Ce qui est petit est synonyme de ce qui est médiocre, inintéressant, commun, ne sentant pas très bon, et les humbles sont généralement des crétins qu’on exploite sans qu’ils s’en rendent compte (ou alors ils affectent de ne pas). Autant de choses que je n’aime pas. Mais je ne peux pas croire aux destins, aux héros et aux demi-dieux. Cela, n’est-ce pas aussi une épiphanie ?

À propos du mal et d’un magazine. — Le mal sur papier glacé est-il meilleur parce qu’il a l’air beau ou est-il pire de s’afficher ainsi dans toute sa photogénie kitsch ?

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1.6.19

Cette nuit, je m’en souviens parce que j’étais en plein rêve quand Daphné nous a réveillés, Nelly et moi, ce matin un peu avant 6h30, cette nuit, j’ai rêvé que je suivais des cours dans d’immenses bâtiments en béton ensoleillé avec feu mon éditrice EW et qu’au lieu de me donner des cours de latin, comme je le lui demandais avec insistance (vous vous rendez compte si on passait tout ce temps à apprendre le latin), elle voulait à tout prix que je suive une sorte de thérapie pour soigner ma prétendue dépression causée par le stress post-sevrage tabagique. J’avais beau lui dire que je ne souffrais pas de stress post-sevrage tabagique, elle voulait absolument que je signe des documents par lesquels je m’engageais à suivre cette thérapie. C’était absurde, lui disais-je, j’ai arrêté de fumer sans effort, aucun, du jour au lendemain, oui, littéralement, mais elle ne voulait rien entendre. C’était un de ces rêves sans fin, dont on n’envisage pas l’issue probablement parce qu’il n’y a pas d’issue, parce qu’ils expriment une situation qui n’a pas besoin d’être résolue, parfois nous ne nous comprenons pas, et il n’y a rien que nous puissions y faire, nous ne pouvons pas nous entendre avec tout le monde. Mais ce n’est pas une interprétation. Au déjeuner, à une table non loin de la nôtre, deux femmes fumaient, l’une, surtout, qui enchaînait cigarette sur cigarette. Ce n’était pas insoutenable, non, ce n’était pas agréable non plus, non, mais je me suis dit surtout si j’avais su que ça sentait si mauvais, je n’aurais jamais fumé, phrase qui, d’un certain point de vue, pouvait paraître absurde, j’aurais pu m’en rendre compte plus tôt, que la fumée de cigarette, ça sent mauvais, mais ne l’est pas complètement parce que, d’un autre point de vue, je n’ai jamais commencé de fumer, j’ai toujours fumé, mon père fumant, l’odeur de la fumée de cigarette était dans l’ordre des choses jusqu’à ce qu’un jour, je me rende compte que, non, ce n’est pas dans l’ordre des choses, cette odeur, ça pue, après avoir arrêté de fumer moi-même et nettoyer mes sens de cette pollution toxique. Ce n’était pas ce dont parlait le rêve, mais j’avais envie d’en parler, moi, d’autant que mon rêve m’en donnait tout de même l’occasion, j’avais envie de me confier à moi-même qu’on peut changer — rien n’empêche de changer que l’absence d’envie de changer. Le rêve, au contraire, je crois, parlait du conte qui paraîtra dans la revue. Et de la frustration que j’essaie de surmonter. Et de toutes les idées que j’ai, que je fabrique, que je m’efforce d’inventer, tous les jours que Dieu fait, histoire de ne pas mourir comme un con.

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31.5.19

Au Cannet, dans le musée qui lui est consacré, on peut encore voir pour quelque temps les agendas que Pierre Bonnard avait toujours sur lui et dans lequel il consignait croquis et notations. Ces dernières, pour la plupart, sont météorologiques : beauorageux, brumeuxcouvert, brouillard, peut-on lire ainsi sur les pages de ces petits carnets qui tiennent dans la poche, doubles pages divisées en quatre parties égales, une par jour. Souvent, un dessin de nu, un portrait, ou une corbeille de fruits apparaît en surimpression, un peu comme s’ils étaient déposés par-dessus les jours. Parfois, des remarques sur l’art, évidemment. Mais plus étranges, plus étonnantes encore, ces notations sur les chiens et les chats, le sommeil, le rêve, mises par écrit sur la page des vendredi 3 et samedi 4 mars 1944, nulle indication météorologique, mais deux syntagmes : les stations de rêverie comme le chat. Le sommeil entre les exaltations comme le chien. Je me suis souvenu, dans ce musée, que j’aimais beaucoup Bonnard, enfant. Il y avait une affiche à la maison, où était reproduit le célèbre Atelier au mimosa, et je m’en souviens parce que je me souviens que je n’arrivais pas à expliquer pourquoi il y avait un homme portant imperméable gris, pantalon noir et chapeau marron assis la tête en bas tout en haut de l’image. C’était ce que je voyais, moi, aveuglé peut-être par tant de jaune, de rose aussi, et s’il m’est tout à fait facile à présent d’expliquer, de déplier ce nœud que ma perception faisait avec le tableau, cette espèce de casse-tête pour moi impossible à résoudre alors — mais pourquoi y a-t-il quelqu’un d’assis à l’envers en haut du tableau ? —, si je sais ramener cette impossibilité à l’espace entre deux crêtes dans le massif de mimosa par lequel on aperçoit une maison, je vois toujours un homme en imperméable gris, pantalon noir et chapeau marron assis à l’envers dans le ciel. Image intriquée dans l’image, casse-tête pour les yeux et qui pense avec les yeux. Il faut vivre avec ce qui apparaît. Ce qui pourrait être, sans doute, une histoire de la Méditerranée.

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30.5.19

Dieu est un nom qu’on donne à la vie.

L’importance de posséder la bibliothèque la plus vaste, la plus personnelle possible, excentrique et classique à la fois, se déduit aisément de l’état du monde et de son probable progrès.

L’autre jour, j’étais attablé à la terrasse d’un café avec des amis quand est passé devant nous un éditeur qui a en lecture mon manuscrit de la Vie sociale et connaît, chose que j’ignorais, l’un de ces deux amis. Il nous a salués tour à tour et, quand ce fut le mien, il s’est présenté comme si nous ne nous étions jamais rencontrés et n’étions pas en relation pour travailler ensemble. Moi, je ne lui ai rien répondu, je n’ai rien fait remarquer, rien dit du tout, j’ai regardé ailleurs. Cependant que je regardais ailleurs, je me suis demandé s’il fallait que je fasse quelque chose, que je lui casse la gueule, que je l’insulte, mais non, il était en train de parler, de l’intervention qu’il devait faire au festival Oh les beaux jours, festival littéraire se tenant à Marseille ces jours-ci, où des écrivains allaient notamment décrire des frigos, et moi, je me suis dit que ce n’était pas la peine d’agir. Au contraire. Surtout ne rien faire. En rentrant chez moi, un peu plus tard, à pied en sortant du métro Rond-Point du Prado, parce qu’après 21h30, à Marseille, il faut le savoir, des bus, il n’y en a plus, et je ne le savais pas, dans la nuit, ma sueur refroidie par le vent qui soufflait, fort, je me suis parlé à moi-même, dans le dialogue intérieur de mon âme avec elle-même, pour me demander si ce type était un crétin, s’il n’en avait rien à foutre de moi, ou s’il me prenait pour un con. Tout en marchant, j’ai rapidement réduit ce trilemme à un dilemme plus classique : pour me prendre pour un con, il faudrait être autrement futé. Or non. Je ne crois pas qu’il le soit. D’où les termes plus restreints de mon problème : est-ce que c’est un con ou est-ce qu’il n’en a rien à foutre ? Les deux, c’est probable. Tout en marchant, tout ceci m’a semblé très décevant. Pas cette anecdote en elle-même — en elle-même, cette anecdote n’a rien de véritablement passionnant —, non, la malédiction dont je suis victime. Une malédiction comique, force est de le constater, et qui ne m’empêche pas de vivre. On pourrait la résumer ainsi : franchement, j’ai pas de bol, t’y as vu. Ce qui ne tirerait de larmes à personne, pas même au plus émotif d’entre nous, mais déclencherait plus probablement une franche hilarité. Tu vois, Jérôme, le problème, c’est que les gens ne voient pas le comique des situations. Ils font les choses avec un sérieux terrible. Ils s’assoient à une table, devant d’autres gens, décrivent des frigos à haute voix, et appellent ça une performance. Moi, je ne peux pas m’empêcher de rire. Parce que tout ce sérieux, et toute la bêtise qu’elle présuppose, et toute la bêtise qu’elle implique, tout ça, on ne peut tout de même pas le prendre au sérieux.

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LI.

Toujours plus de choses
et moins de place
pour le vide entre les choses
le problème de rien
égale
=
le problème de quelque chose
comme ces choses qui ne sont pas des choses
disait platon
et ces couleurs qui deviennent toujours plus
toujours plus blanches
la seule histoire du monde
de fait
l’histoire de mes cheveux.

26.5.19

Pourquoi y a-t-il tant de gens ? Il y a trop de gens, non ? Moi, je trouve qu’il y a trop de gens. Encore, les gens qui ne font rien, ça va, ils sont là, mais ils ne dérangent pas, ils se contentent d’exister, même si on peut quand même se demander s’ils en ont vraiment conscience, bref, qu’ils le sachent ou non, on pourrait s’en passer, de ceux-là, ça ferait de la place, et on en a besoin, de la place, pour respirer mieux, se sentir mieux, vivre mieux. Non, ceux-là, encore, ça va, je dis, je parle des gens qui ne se contentent pas d’exister mais font en plus des choses et montrent qu’ils les font, et édifient ainsi, tous les jours qu’il leur est donné de vivre, un petit temple à leur propre gloire fait des moments glorieux de leur existence, de photographies d’eux-mêmes, récompenses, victoires, joies et peines, émotions. Surtout les émotions. Autoentreprise dont l’unique vocation est de faire enfler le moi dans l’espoir qu’un jour il soit aussi gros que le monde. C’est eux, qui me font dire qu’il y a trop de gens. Même si les gens qui se contentent d’exister sont responsables des embouteillages dans lesquels je perds mon temps, les gens qui se font une gloire d’exister fabriquent une temporalité parallèle, un temps parasite qui s’écoule à la gloire de chacun, que cette gloire soit factice ou réelle, cela n’a aucune espèce d’importance, les petites gloires prenant exemple sur les grandes pour mener à bien leur entreprise de glorification de soi. Tous les prétextes sont bons, un festival sur la Riviera, une résidence dans le trou du cul de la France profonde, tout est bon. L’erreur, à présent, l’erreur, ce serait de continuer en parlant de moi, en revanche, qui. Non. Est-ce que je suis différent ou pas ? Ce n’est pas la question. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire quelque chose de plus simple que je viens de dire. Est-ce que tu crois qu’un jour, je pourrais suivre le mouvement, couler avec le flux ? Est-ce que ça m’est déjà arrivé ? Je crois que ça m’est déjà arrivé. Mais quand ? Il y a longtemps. Je ne sais pas plus. Peu importe, à vrai dire, aujourd’hui, l’univers a doublé la mise : fête des mères et élections européennes. Difficile, dans de telles conditions, d’avoir le sentiment qu’on a sa place au monde, pleinement, que le monde t’a réservé une place où tu seras chez toi, vraiment. Et, à supposer que le monde n’ait pas pensé à faire les réservations, difficile de t’imaginer que tu peux te faire ta place dans le monde, que tu peux creuser ton petit trou, à moins que ce ne soit pour t’y enterrer vivant. Est-ce que ce serait mieux si tu le pouvais ? Oui, d’un certain point de vue, oui. N’est-ce pas de cela que tout le monde a besoin ?  Le sacrosaint sentiment d’appartenance. Appartenir à une classe, une catégorie socio-professionnelle, un mouvement, un parti, une orientation sexuelle, je ne sais pas, moi, quelque chose, tout, n’importe quoi. Aujourd’hui, jour de la fête des mères et des élections européennes, j’aurai dû me contenter de noter que ma mère est morte et que je ne suis pas inscrit sur les listes électorales.

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L.

Plus de surprise ni d’étonnement
tout s’explique normal dans le courant
sur instagram
sans la moindre idée de comment tu en es arrivé là
tu regardes la vidéo d’un artiste qui peint avec des haltères
quelques instants plus tôt
comme un éclair incongru dans le brouillard du réveil
tu t’étais demandé
n’y a-t-il donc pas de progrès moral ?
tu vois ton problème
jérôme
c’est ce que je m’étais dit ensuite
tu vois ton problème
jérôme
c’est qu’on ne sait jamais très bien
si tu es en train de te foutre du monde ou de planifier ton suicide
et il n’y a pas forcément de réponses aux questions qu’on se pose
non.

XLIX.

Je n’ai pas écrit de poème sur cette dame qui appelait son microchien molosse
un jack russell ou un yorkshire
je crois
j’ai cherché sur google
petit chien à la mode
et j’en ai trouvé un qui aurait pu lui ressembler si je ne l’avais pas déjà oublié
lui mais pas son nom
après
j’ai fermé les yeux
et puis je les ai ouverts de nouveau
me suis assis à mon bureau
et j’ai écrit ces quelques lignes
sans vraiment savoir pourquoi
tout peut prêter à rire

tu sais
même ce qui donne envie de pleurer.