I am a peroxide blonde in the land of possibles

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C’est aujourd’hui que paraît l’October Issue de la revue Asymptote. Et alors ? me demanderez-vous. Eh bien, d’une part, Asymptote est la revue principale de littérature du monde entier en traduction (de toutes les langues vers l’anglais). Et, d’autre part, parce qu’y est publiée en traduction anglaise le conte paru dans des Monstres littéraires (Actes Sud, 2015), « Les vitres ».

C’est la première fois que je suis traduit dans une langue étrangère. C’est un honneur (que quelqu’un s’intéresse à ce que j’écris suffisamment pour avoir envie de le traduire) et un grand plaisir (parce que des nouveaux lecteurs vont désormais pouvoir lire ce que j’écris). Comme je suis aussi traducteur, c’est un sentiment bizarre de l’être à son tour. Et puis, c’est une expérience de se lire dans une autre langue — dérangeante, problématique, mais passionnante.

Si mes vitres sont devenues « The Windowpanes », c’est grâce à la curiosité et au talent d’Alex Dudok de Wit, qui a eu l’idée de cette traduction et a tout mis en œuvre pour la publier. Je le remercie chaleureusement.

Merci aussi à Lee Yew Leong, editor-in-chief d’Asymptote, d’avoir accueilli mes nouvelles windowpanes, auxquelles je trouve désormais un je-ne-sais-quoi de virginiawoolfien…

Aussi étrange que ce soit à dire, la traduction est accompagnée de l’original in French in the text, ainsi que d’une lecture du conte par votre vitrier préféré.

Et sinon ? Ah oui, eh bien, sinon I am a peroxide blonde in the land of possibles.

 

18.10.17

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L’univers tient dans un hashtag et tous les jours, dans la poussière.

La différence entre le bon mot et le witz, à quoi tient-elle ? Tous deux parcourent le territoire du langage. L’un peut-être plus pour la jouissance du moi (regardez-moi comme je suis spirituel) que l’autre, qui manifeste les ressources puissantes de la phrase (c’est un homme pénétrant). Si tous deux sont obsédés par la phrase, il n’y a que le witz qui en vient à s’intéresser à la possibilité de faire tenir le monde dans une phrase. Ce sont des traits d’esprit, si l’on peut dire les choses ainsi. Sauf que le bon mot se pratique dans les salons tandis que le witz finit toujours par se prendre au sérieux, un peu du moins, il vient de l’est donc il n’en fait pas trop non plus, mais il aspire à la solitude des carnets, où il devient aphorisme, immanquablement. Die welt ist alles, was der Fall ist, par exemple, est une phrase qui aurait pu faire rire beaucoup de monde à Paris, mais prononcée sur un bateau par un officier de l’armée autrichienne pendant la Première Guerre mondiale, elle laisse bouche bée. C’est le sommet du witz quand, aphorisme, il parvient à méduser. Toute une vie peut être consacrée à la recherche de cette dernière phrase (celle-là ou une autre, soyons précis), celle qui permettra enfin de considérer le monde d’un trait.

Quand j’avais douze ans ou treize ans, je ne sais plus, je sais simplement que j’allais encore au collège, en rentrant à pied d’un après-midi passé avec des copains, un type s’est arrêté sur le bord de la route pour me demander son chemin. Je le lui ai expliqué, mais il n’avait pas l’air de comprendre. Alors, il m’a demandé de monter dans son camion. Parce que j’étais trop bien élevé, trop gentil, trop bête, trop naïf, trop jeune, je suis monté. Au bout de quelques mètres, le type m’a montré sa bite en me disant qu’il en avait une petite et que je pourrais peut-être lui montrer la mienne pour qu’on compare, moi, j’en avais sans doute une plus grosse. Je lui ai dit que je voulais descendre immédiatement et comme, dans le fond, je ne suis vraiment pas sympa, mon ton a dû le convaincre qu’il fallait vraiment me laisser descendre. J’ai sans doute eu de la chance, tout simplement. Voilà. C’est mon histoire. Une partie. J’ai toujours vécu avec. Je n’ai jamais vraiment eu le choix, en fait. J’aimerais bien dire que c’est une histoire éloquente, qui mérite qu’on s’y attarde, qu’on écrive un livre, comme c’est ce que je fais, ce serait une bonne opportunité, c’est plus vendeur que mes aventures oniriques aux quatre coins du globe, mais en fait non. Ça n’en vaut pas la peine. Le type avec sa petite bite n’en a jamais valu la peine. Je n’en ai pas parlé. À mes parents, jamais. À mes amis, non plus. Plus tard, à Nelly, oui. Est-ce qu’on peut s’inventer à partir de ça ? Non. On ne devient jamais qu’une victime à partir d’une expérience de ce genre. Et être une victime, c’est être un mort-vivant, un rescapé. Pas un être vivant avec de l’imagination, des idées, et tout, et tout. Les femmes prennent la parole. Elles ont raison. Après tout, pourquoi pas ? Dans le monde occidental, tout le monde a le droit de parler et de raconter sa petite anecdote. Même moi. Est-ce que ça fait du bien ? Non. Pour moi, en tout cas, pas le moins du monde. C’est le vice du cercle : tourner sans fin autour de son expérience. Parce que ce n’est pas l’expérience qui te détruit — des expériences, il y en a tant —, c’est l’obsession. C’est inoubliable, mais oublie quand même. Tu n’es responsable de rien. Tu n’as de dette envers personne. Tu ne dois rien faire sinon ce qui te fait vivre, ce qui te donne envie de vivre encore.

Tout le monde a une histoire à raconter, c’est le principe de l’époque, peu importe qu’elle ne veuille rien dire, ton histoire, du moment que quelqu’un t’écoute et quand même il ne pourrait rien pour toi, il t’aurait écouté, c’est bien l’essentiel, pas vrai ? D’où la tête des personnalités publiques, qui prennent un air profond quand les petites gens leur parlent, il faut qu’ils aient cet air-là, c’est l’air de l’écoute, même si ça ne change rien ; ils ne vont tout de même pas se dépouiller et errer à la surface de la terre en quête d’une vérité ultime qui leur aurait toujours échappé. D’où les fausses dents des stars des écrans (petits, grands et autres), tout sourire toujours, manifestation de leur présence inaccessible ; tu crois que la présence est là, mais non, elle t’échappe toujours. Tout le monde a une histoire à raconter, c’est le principe d’un monde qu’il n’est pas souhaitable de (vouloir) changer parce qu’il est prêt à t’accueillir tel que tu es, il y aura toujours quelqu’un pour t’écouter, et il y a forcément une place quelque part pour toi  — à l’asile ou en prison. D’où les immenses piles de livres qui relatent des événements qui sont toujours traumatiques, tristes, des histoires de victimes, des histoires de survivants, et les lecteurs en pâmoison de s’empresser : moi aussi, moi aussi, ça m’est arrivé, ça ou quelque chose dans le genre. Et d’écrire eux aussi leur petit livre, la plupart du temps. Tout le monde a une histoire à raconter, même moi, c’est pathétique. Quelle manie dégoûtante, telle une peau moite où tout colle, de parler pour se soulager. D’où les histoires que j’invente pour échapper à toutes les histoires que je devrais raconter parce qu’elles me sont vraiment arrivées.

17.10.17

Marseille. Vue sur la ville à 180° ou plus. Depuis le massif de Marseilleveyre jusqu’à la Bonne Mère. Elle appelle son horrible petit chien Molosse. Coucher de soleil. Dégradés de rouge, bleu, gris, sable. Tous les bruits sont absorbés par celui du flux et du reflux des vagues. Mouvement perpétuel. Pas de ramassage des ordures depuis une semaine. Attention aux rats.

16.10.17

Comme Daphné me mène la vie particulièrement dure en ce moment, vers la fin de la journée, j’ai eu l’impression d’étouffer, j’en avais assez d’être là où j’étais, j’avais envie d’être ailleurs, et je suis sorti faire un tour, histoire de voir, histoire de ne rien voir du tout, simplement pour ne plus être là où j’étais parce que je n’avais plus aucune envie d’y être. Zéro. À Paris, quand ça m’arrivait, à cause de Daphné, à cause de Nelly, à cause de quelqu’un d’autre ou tout simplement à cause de moi-même, je sortais faire le tour du quartier, mais comme les gens sont moches et qu’on ne pouvait pas s’empêcher de les regarder en face, il n’y avait tout simplement pas assez de place pour faire tenir tous ces gens, ça ne s’arrangeait pas vraiment, enfin, peut-être que oui, mais simplement parce que du temps avait passé entre le début de la crise d’étouffement et le retour au bercail. À Marseille, en revanche, comme j’habite à un quart d’heure à pied tout au plus de la mer, c’est plus difficile de s’enfoncer profondément avec cette sensation d’étouffement dans le corps, tu respires plus vite, physiquement, c’est-à-dire, comme ce soir, quand je me suis assis dans le sable au bord de la mer et que j’ai regardé le ciel prendre feu au moment où le soleil se couchait. D’un certain point de vue, je serais enclin à dire que c’est une expérience passablement kitsch, d’autant que le coucher de soleil ne sauve de rien, il ne résout rien, aucune des situations auxquelles tu te trouves confronté et qu’il va bien falloir que tu dépasses après que le soleil se sera couché. Mais d’un autre point de vue, c’est aussi une expérience thérapeutique, au moins en ce sens qu’il me semble bien plus difficile de déprimer face à un paysage comme celui-ci — je dirais même face à la possibilité d’un tel paysage — que face à un autre paysage, disons un mur gris percé de fenêtres avec des hommes poilus le torse nu en face. La possibilité de se morfondre ne s’efface devant la possibilité du paysage, mais l’espace a une qualité qui permet des expériences qui ne le sont pas ailleurs. Le coucher de soleil, les dégradés de bleu, orange, gris ne sont pas la fin en soi de l’expérience (c’est ça, le kitsch), mais des modes de présentation de l’horizon, ses apparitions. Et l’horizon, s’il ne sauve personne à lui tout seul, l’horizon distend, assouplit, laisse respirer, ouvre grand (comme on dit du diaphragme de l’appareil photo ou des oreilles).

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13.10.17

Tu mesures le niveau de domination culturelle d’un peuple à l’aune de ce qui occupe l’esprit des gens (ce qu’on veut qu’il y ait dedans, ce qu’on veut y mettre). Esprit qui, contrairement à ce qu’on croit un peu trop facilement, n’est pas inaccessible, mais aisément lisible. Comme l’importance accordée aux histoires de fesses d’Hollywood. À partir desquelles, corollaire, il apparaît évident qu’Hollywood, ce n’est pas l’Amérique, non, Hollywood, c’est le monde. Et dès lors, ce mot d’ordre que d’aucuns croyaient désuet, passé de mode — passablement romantique — moi aussi, je le croyais, d’ailleurs — anywhere out of the world prend un sens nouveau, se découvre seconde jeunesse. Parce qu’il apparaît tout aussi évident qu’il faut à tout prix échapper à Hollywood, échapper à la domination totale d’une façon de voir et de faire le monde sur les esprits, domination qui ne s’exprime pas seulement dans les productions culturelles bas de gamme qu’on fait passer pour des chefs-d’œuvre, mais forme surtout le gaz des gazettes, le socius des réseaux sociaux, la police de la politique, met des mots dans ta bouche qui n’ont même plus besoin de te traverser, toi, tu n’es qu’un point par où ils passent, ces mots. Anywhere out of Hollywood.

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12.10.17

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Longue nuit parce que courte, Daphné se réveillant vers une heure et demie du matin pour se rendormir. Quand s’est-elle rendormie déjà ? Je ne sais pas. Je sais simplement que, ce matin, Nelly et elle dormaient sous la couette de Nelly sur le tapis de la chambre de Daphné. Très longue nuit parce que bien trop courte. Qui se fait sentir le lendemain, quand tu traduis fébrile, que ce ne sera sans doute pas très bon et qu’il faudra probablement tout reprendre, que tu sors courir — il fait beau, c’est déjà ça — et que tu te traînes tel une si lourde carcasse, c’est ce que tu es, d’ailleurs, et vieille, en plus.

Cette nuit, toujours, cependant que je somnolais, je me suis dit qu’il faudrait que je développe une vie sociale, ici, à Marseille, que je me mêle, en quelque sorte, parce que si ma maison, c’est Daphné plus Nelly plus la machine à écrire, il n’est peut-être pas si bon que ça d’être trop seul. Les autres ne se précipitent pas vers moi ; — il faut dire que je ne les y encourage pas forcément. Mais c’est peut-être plus un malentendu qu’autre chose. Peut-être qu’aussi les autres s’en foutent, qui vivent très bien sans moi, et que ça n’intéresse que moi, qui me trompe si souvent.

C’est étrange, la nuit, comme tout apparaît soudain si clair alors que tout s’y oppose. Éclair aveugle et noir. Ou bien les volets roulants.

11.10.17

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Chercher une idée, c’est un peu comme essayer d’attraper un objet qui n’existe pas. Ou qui, s’il existe, ne se trouve pas à portée de la main. D’autant que Daphné s’y oppose et là, tu peux toujours essayer de rassembler ce qui te tient lieu de machine à fabriquer des idées (la fameuse pensée), tu ferais mieux d’aller courir, tu perdrais moins ton temps. Du coup, comme j’étais allé courir la veille, je suis allé marcher. Il faisait beau et chaud, et ça m’a fait du bien quand même je n’ai pas trouvé la moindre idée en chemin. Repris la traduction du second volet des aventures des araignées depuis plusieurs jours. Terrain connu, ce qui n’est pas une critique, au contraire, surtout que je crois que j’ai impérativement besoin de ça pour ne pas me perdre en ce moment. Depuis que j’ai fini la première écriture de l’histoire de la forêt, je cherche une idée pour un autre texte, idée que je ne trouve pas, d’où les mésaventures décrites ci-dessus, et l’impression d’avoir de la bouillie dans la tête ou quelque chose d’aussi peu ragoûtant quand c’est d’inventer par écrit quelque chose qu’on parle.

10.10.17

C’est un jeu auquel il m’est souvent arrivé de jouer, enfant, notamment, je crois. Enfin, je ne sais pas si c’est un jeu, mais c’est comme ça que j’y ai pensé ce matin. Je m’imaginais le monde sans moi, et j’essayais de savoir s’il serait mieux ou non — sans moi. J’arrivais toujours à la conclusion que non, il ne serait pas mieux sans moi, ce qui est passablement égocentrique, j’en conviens, mais c’était la conclusion à laquelle je parvenais quand même : maman serait triste, j’avais encore un certain nombre de choses à faire dans les jours qui venaient, j’avais promis quelque chose à quelqu’un, j’avais quelque chose à accomplir dans un avenir plus ou moins lointain. Mais est-ce que les gens qui parviennent à la conclusion que le monde serait mieux sans eux se suicident ? Et ceux qui parviennent à la conclusion que cela ne ferait aucune différence, qu’ils soient là ou pas ? Évidemment, les questions de ce genre n’ont rien de commun avec la question bien plus profondément métaphysique de savoir si le monde aurait été meilleur, pire ou idem, si je n’avais jamais existé, mais je suis trop leibnizien, sans doute, pour considérer cette question avec le sérieux qu’elle mériterait peut-être, pourtant. À présent que j’y pense, je me dis que, si c’était un jeu égocentrique, c’était un jeu très rationnel, aussi. J’ai toujours été rationnel. Oh, pas la rationalité frelatée qui consiste à penser qu’il est rationnel de baisser les coûts en licenciant des gens pour augmenter les gains, comme si les coûts ainsi engendrés n’étaient pas nettement supérieurs au gain escompté, non, mais une rationalité qui fait varier des paramètres, envisager des possibles qui ne sont pas mais qui pourraient être, et caetera. Je crois que le gens ne sont pas rationnels, pas plus en économie que dans la vie de tous les jours. Un jour, quelqu’un (quelqu’un de « proche ») m’a dit : tu sais moi, je parle sans réfléchir, et évidemment j’aurais voulu lui dire que le problème était sans doute là, précisément : tout le monde parle sans réfléchir. Ce qui fait que tout le monde parle beaucoup et que, quand tu veux en placer une, il n’y a pas beaucoup de place, justement, pour toi, qui es rationnel, mais je ne le lui ai pas dit. J’ai envisagé les conséquences (un futur possible qui ne sera pas), et je l’ai laissé parler. Que se passe-t-il quand on pense à tous les futurs qui ne seront pas ? Bien sûr, cela ne les fait pas exister, et je ne suis pas certain qu’il faille admettre qu’ils sont d’une certaine façon (qu’ils subsistent, pour parler un peu comme le philosophe autrichien Alexius Meinong Ritter von Handschuchsheim, Meinong pour les intimes, que sa passion pour l’ontologie avait conduit à faire de la place pour les impossibles comme le rond carré, impossibles qui, s’ils n’existent pas, subsistent toutefois d’une certaine manière puisque l’esprit peut les concevoir), mais s’il ne leur arrive rien, il nous arrive pourtant quelque chose, à nous. D’où vient ce spleen qui nous ressentons quand nous pensons à tous les futurs qui ne seront pas ? À tous ces possibles morts, à toutes le vies que nous ne vivrons pas, à toutes ces vies que personne ne vivra jamais ?

9.10.17

C’est fou, comme tout est fait pour la diversion. (Tout pour faire diversion.) Pas seulement le divertissement, non, ça, c’est tellement gros que ce n’est même pas la peine d’y insister, non, ce qui semble le plus sérieux, le plus profond, ce qu’on présente comme tel pour que ce soit là-dessus que tu mettes l’accent, pour ou contre, peu importe après tout, ce qui importe surtout, c’est que tu t’exprimes là-dessus, et pas sur autre chose, surtout pas sur autre chose, sur ce qui compte par-dessus tout, pourtant, comment tu vas inventer ta vie, sauf que si tu es seul à vouloir inventer ta vie, alors que les autres sont occupés à exprimer des opinions sur des sujets qu’on a choisis pour eux, on va te regarder comme si tu étais un grand malade parce que tu n’as pas d’opinions sur les termes qui sont sur la liste des ismes à propos desquels il faut avoir quelque chose à dire parce que c’est autour de cela que le monde tourne, le féminisme, le véganisme, l’indépendantisme, le nationalisme, l’économisme, le terrorisme, l’islamisme, le patriotisme, que toi, tu ne tournes pas autour de ce autour de quoi le monde tourne, parce que tu n’en as pas envie, parce que ça te paraît oiseux, ce n’est pas le problème de ceux dont le métier est de dresser des listes, la démocratie a des limites, on ne peut pas prendre en compte les avis, de tout le monde, encore moins les sentiments, il faut que chacun y mette du sien et c’est pour cette raison qu’on a dressé une liste, pour que ce soit plus simple de mesurer les opinions. C’est la limite des possibles.

Rêve aux livres que je lirai quand je ne serai plus enrhumé, quand je ne respirerai plus la bouche ouverte comme un poisson laid, quand je ne pleurerai plus simplement parce que mes yeux sont ouverts.

8.10.17

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J’écris pour…, je crois que c’est avec ce genre de phrases que les écrivains signent leur arrêt de mort. Si l’on écrit pour quelque chose, à quoi bon écrire ? Si tu sais déjà ce que tu vas écrire, tu ne fais rien que communiquer, faire passer un message. Autant dire que tu ne fais rien.

Enrhumé — impression que des nains ivres dansent la polka sous mon crâne.