1.4.18

Est-ce qu’on ne pourrait pas sortir de la politique ? Ne serait-il pas possible de ne plus faire de politique ? En un sens, il suffit de faire pour que ce soit politique (non c’è nulla che non sia politica comme disait PPP), mais faire quelque chose qui s’avère politique, ce n’est pas faire la même chose que faire de la politique, devenir un professionnel du pouvoir, avec en tête cette ignoble idée gouverner, obliger les gens à obéir. Le problème de la politique, c’est le gouvernement : qu’il y ait des gens qui veuillent gouverner, passe encore, mais qu’il y ait des gens qui veulent être gouvernés, comment est-ce seulement possible ? Posé ainsi, le problème apparaît dans toute son étendue, et les dégâts dans toute leur ampleur. La démocratie n’est qu’une variante du vouloir être gouverné dans laquelle on demande le consentement de tous (dégradé en consentement majoritaire, lui-même dégradé en consentement de la majorité des suffrages exprimés que, par un tour de passe-passe qui fait voir le fonds de la politique, on continue d’appeler volonté générale), demande que tous déclarent vouloir être gouverné, s’en remettent à quelqu’un d’autre, un et un seul pour des millions, pour décider de leur sort.

L’individu, en tant que tel, est ingouvernable.

Tout ce qui tend à gouverner l’individu (la politique) participe d’une entreprise de négation de sa spécificité.

La négation de la spécificité de l’individu est l’objet de la politique qui fait des masses avec des personnes, des foules avec des gens, du général avec du particulier.

Il faut abandonner la géométrie du pouvoir et investir enfin l’espace.

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29.3.18

Il faut savoir s’arrêter. Temporairement. Parce que tu ne peux pas t’arrêter définitivement. Si tu peux t’arrêter quand tu veux, si tu peux t’arrêter quand on te le demande, si tu peux t’arrêter définitivement, ce n’était vraiment pas la peine de commencer. Si tu peux t’arrêter, comment te distinguer d’un escroc ? On ne le peut pas. Même si, bien sûr, il faut savoir faire des pauses, respirer et laisser respirer les autres. Tout le monde en a besoin.

Quand tu ne sais plus si tu es fou ou si c’est le monde qui ne tourne pas rond, c’est que tu t’approches de quelque chose d’intéressant. Ou du bout du chemin.

Dans « La Grande Marche », la septième partie de l’Insoutenable légèreté de l’être, Kundera définit le kitsch comme négation de la merde et accord catégorique avec l’être, qui s’exprime dans le slogan de tous les grands défilés « Vive la vie ». — « À mort la mort », ferait aussi l’affaire.

Kundera explique aussi que le kitsch, l’accord fondamental avec l’être, exclut nécessairement toute manifestation d’individualisme, de doute, d’ironie. L’indistinction doit régner.

L’absence de distance, la dissolution de l’individualité de l’individu dans quelque chose de plus grand que lui, c’est cela que recherche tout pouvoir politique. Tant que quelqu’un pose une question, se pose une question, le pouvoir politique est menacé.

L’un subsumant les multiples, l’universel, les particuliers, c’est cela, la grande communion. Elle est l’idéal de toute Nation. Elle présuppose ta disparition à toi en tant que particulier.

28.3.18

Pourquoi est-ce que tout le monde a tendance à penser que la vérité est unique ? Hier soir, en parlant de Bukowski avec Nelly, on se disait qu’il y avait une grande vérité dans ses poèmes. Mais justement, si je dis qu’il y a une grande vérité dans ces poèmes, je n’ai pas envie qu’elle soit unique, au contraire, j’ai envie qu’elle soit multiple, je préférerais qu’il y en ait beaucoup comme lui, pas exactement comme lui, il est unique, mais avec cette même dose de vérité dans le sang, alors que le sang de tous est si pauvre en vérité, qui n’en veulent qu’une et une seule.

(Le sang, ici, est une image de l’écriture, métaphore encrière, rien de plus.)

Tu sais ce qu’une et une seule vérité fait de toi ? — Un analphabète.

Il faut une infinité de vérités. Il faut une vérité pour tout. Il faut une vérité pour tous.

Ce n’est pas un état des choses, la vérité, non, c’est un de ces états dans lequel tu te trouves quand tu te trouves parmi les choses.

C’est quoi ? et puis Pourquoi ? ce sont les premiers états de la vérité, ; — ils remontent à l’enfance. Mais ce n’est pas l’enfance de la vérité. S’il existe quelque chose comme l’essence et quelque chose comme la vérité, alors les questions sont l’essence de la vérité. Sinon, tant pis, c’est la même histoire.

Est-ce que je peux parler avec la bouche pleine ?

Hier soir, j’ai traduit le poème de Bukowski dont nous avions parlé au dîner, Nelly et moi :

l’homme sous le soleil

elle me lit le New Yorker
je ne l’achète pas, sais pas
d’où il sort, mais ça
parle de la Mafia
l’un des chefs de la Mafia
qui mangeait trop et se la coulait trop douce
trop de jolies femmes lui palpaient les
noix, et il a engraissé à force de sucer de bons
cigares et de jeunes nibards et il
a fait ces crises cardiaques — et puis
un jour quelqu’un le conduit
dans sa grosse voiture sur la route
et il ne se sent pas super bien
et il demande au jeune de s’arrêter et de le
faire descendre et le jeune le couche sur
le bas-côté sous un beau soleil.
je ne sais pas si c’est en Crète ou
en Sicile ou en Italie au juste
mais il est allongé là au soleil
et avant de mourir il dit :
comme la vie peut être belle, et
puis il meurt.

parfois il faut avoir tué 4 ou 5
mille hommes avant d’en venir
à croire que les moineaux
sont immortels, que l’argent c’est de la merde et
que tu n’as fait que perdre
ton temps.

Est-ce que les vérités se disent la bouche vide ?

Ta gueule.

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27.3.18

Le monde dans lequel Daphné est née est pire que celui dans lequel nous sommes nés, Nelly et moi. C’est ce que j’ai dit à Daphné, ce matin. Ce qui rend notre responsabilité encore plus critique — responsables que nous sommes de l’avoir mise au monde, d’une part, et un monde pire que celui dans lequel nous étions venus, d’autre part. Comme Nelly me l’a demandé, je lui ai expliqué pourquoi je lui disais cela maintenant et puis j’ai dit à Daphné que, quand elle voudra aller élever des chèvres dans le Larzac, nous lui achèterons la première. Et puis, des fromages, a ajouté Nelly. Et des bottes, ai-je surenchéri. Les bottes, l’idée lui a beaucoup plu, à Daphné.

Comment en est-on venu à vivre dans un monde où l’on confond une vie réussie avec le succès ?

Comment vit-on dans un monde où la bêtise est la monnaie d’échange des interactions humaines ? Où la bêtise est la moyenne adipeuse, le plus petit dénominateur commun, qui permet de vendre beaucoup de disques, beaucoup de livres, beaucoup de sandwiches, d’être élu président ? Et où ceux qui ne veulent plus ni écouter ni lire ni acheter ni voter sont réduits au silence ?

Nelly accompagne Daphné à la crèche. J’écris, dos tourné à la baie vitrée. Dehors, le vent souffle. J’entends le bruit de travaux, lointain. L’odeur des lys est presque insoutenable.

Comment ? on ne sait pas, mais on vit quand même. Tout le monde, vraiment ? Non, bien sûr que non.

Sept jours sans écrire ce journal. J’ai écrit des poèmes pendant ce temps. Nelly m’a demandé si elle pouvait les lire. Je lui ai répondu pas pour l’instant. J’écris mes poèmes dans un carnet gris qui traînait sur une étagère avec un stylo qu’elle m’a offert pour mon anniversaire. Le meilleur moyen d’échapper au partage illégal des données. Le secret. Le public est l’ennemi du privé. Y a-t-il jamais eu une période de l’histoire où cet état de choses a été si flagrant ? Le public a pour vocation de détruire le privé. Et le privé survit dans le secret.

Il te faut inventer une langue secrète dans un langage public. Et apprendre à la parler. Sinon, tu disparaîtras. Tu seras mis à mort sans procès dans le silence du partage des données.

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26.3.18

Ce que, par idéologie, on cache sous le nom d’une autre idéologie, ce qu’ainsi on appelle à présent capitalisme ou néo-libéralisme doit être en quelque sorte dévoilé pour qu’on en perçoive la véritable nature. Ce que se cachent de tels noms sous le voile de l’idéologie, c’est une nouvelle société, une société marchande, la société payante. Or une telle société ne vient pas à l’existence parce qu’un petit groupe d’idéologues plus ou moins bien intentionnés le décident, mais parce que les membres de la société le souhaitent et l’acceptent. La création, par exemple, de services à la personne pour combler le vide laissé par la disparition de la solidarité mécanique ne se décrète pas, elle est le résultat d’un processus où se croisent deux tendances : l’idée que la perte de capital ou sa stabilité est un contresens (toute entreprise doit rapporter plus d’argent qu’elle n’en coûte et il ne peut même pas y avoir de jeu à somme nulle) et qu’il est rationnel de payer pour des tâches que l’on peut effectuer cependant effectuer soi-même. La destruction du lien social est ainsi désirée par les individus eux-mêmes, elle participe de la normalisation / naturalisation de tous les comportements qui pouvaient être considérés précédemment comme immoraux, déviants, etc. Si l’individu est en tant que tel parfait — mieux : si tous les individus en tant que tels sont parfaits, il n’y a aucune raison que l’un d’entre eux consacre une quelconque partie de son temps à autre chose qu’au culte de lui-même. Ce culte de soi — qui est l’exact opposé de la culture de soi — interdit toute société autre que de services, de relations contractuelles et tarifées entre les individus. Pour le dire sans trembler, c’est la société de la prostitution généralisée.

the way to end a poem
like this
is to become suddenly
quiet.
— Charles Bukowski, « love & fame & death »

Tu deviens meilleur le jour où tu comprends qu’il n’y a pas de remède que de toute façon tu vas mourir quoi qu’il arrive mais que ce n’est pas une raison suffisante de désespérer de tout. Je veux dire : c’est une bonne raison de désespérer de tout, mais ce n’est pas la peine, tu ne rendras pas le monde meilleur en désespérant de tout et tu ne cesseras pas de désespérer en te jetant à corps perdu dans une cause et tu ne sauveras pas non plus ta peau en te foutant de tout. Il n’y a pas de remède. Il n’y a pas de solution. Mais ce n’est pas une raison de ne pas continuer.

18.3.18

La nullité de la culture est un phénomène complexe. Je pourrais citer quelque nom, en exemple, et en faire voir (valoir) d’une façon ou d’une autre la nullité, mais ceux qu’une critique de ce genre pourrait ou devrait toucher (ceux que tous les noms propres fascinent) répliqueraient sans doute en m’accusant d’être aigri, iconoclaste ou bien ne s’intéresseraient même pas (ce qui est tout de même plus probable) à ce que je dis — et alors, j’aurais perdu mon temps. En fait, comme souvent, c’est quelque chose qui se sent. On peut bien côtoyer quelqu’un qui ne sent pas ainsi les choses, mais on ne peut pas être proche de lui. Ce n’est pas qu’il appartienne à un autre monde, c’est qu’il ne sentira jamais aucun monde comme il faut.

Autre remarque. — La formidable extension de la culture. Sa forme pop, surtout, laquelle permet d’intégrer à peu près n’importe quoi à un phénomène massif de consommation de l’entertainment. Il y a toujours quelque chose à voir, à faire, à écouter, un endroit où aller. Et nouveau, bien sûr. La prolifération infinie des formes de culture (donc de culture pop) donne à ce phénomène ces proportions toujours plus immenses, aussi grandes que le monde (le monde grossit avec la culture). Et la peur de rejeter quelqu’un, la peur d’humilier quelque minorité, rend toute analyse précise impossible. Il y aura toujours quelqu’un pour vous accuser d’être anti-X.

Pense notamment à tous ceux qui reprochent à Adorno (Boulez) d’avoir critiqué le jazz. Ce n’est pas ce qu’il dit, c’est qu’il l’ait dit. — La culture — toute culture — est incritiquable.

Pour être tout à fait honnête, cela ne m’empêche pas de vivre — de respirer. Mes bibliothèques comptent plus de volumes qu’il n’y a de place dans ma tête. Et j’entends désormais ne plus publier ; écrire uniquement dans mes carnets. Ou ce journal. M’extraire de la culture. Autant que faire se peut.

Pierre Livet nous disait que si Nietzsche avait été un véritable aristocrate, il n’aurait certainement pas pris la peine de s’occuper de tous les problèmes dont il s’est occupé. Mais ce n’était qu’un petit-bourgeois. En colère, ajouterai-je.

S’efforcer donc de n’être pas un petit-bourgeois en colère. Et, dans le même mouvement : ne pas se réduire au silence.

Parfois, il faut se boucher les oreilles pour écrire. Avec les doigts. Mieux vaut les avoir propres.

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16.3.18

Ce matin, après avoir conduit Daphné à la crèche, j’ai filé la métaphore du barrage contre le fascisme. Et puis, je suis allé courir. Avec le soleil qui commence déjà à taper. 7 km en moins de quarante minutes. Pas trop mal pour un vieux tas de graisse comme moi qui a passé ses vacances à manger et boire. La métaphore ? Oh. Barrage donc lac mais personne qui n’apprend à nager. Je sais que c’est con. Mais ce n’est pas comme si les gens n’étaient pas prévenus. Ou alors est-ce que justement c’est ça ? La pensée est-elle à ce point annihilée que les gens ne s’aperçoivent pas de ce qui les attend avant qu’ils l’aient sous le nez — après coup, trop tard, quoi ? Les gens vont faire la grève, manifester. Oui, c’est leur droit. Mais c’est trop tard. Et on ne peut pas dire qu’on ne pouvait pas le voir venir.

Ce qu’il faut faire ? Rien. La grève permanente.

Cet après-midi, j’ai regardé Paterson de Jim Jarmusch. Au bout d’une demi-heure, j’ai pris ma guitare et je me suis mis à jouer Baby please don’t go et d’autres blues de mon invention. Paterson, ce qui est dommage, c’est que c’est un beau sujet. Moral, et tout. Un chauffeur de bus / poète, c’est une belle idée. Oui. Mais le traitement est tellement idiot. Comme si l’on ne savait plus rien faire que trouver des sujets. Et puis ? Et puis, plus rien. Plus d’idées. Alors que c’est tout l’inverse. Un poème, c’est une expérience. Pas un sujet. Un film aussi. Ou alors, ça ne sert à rien. Ce n’est qu’un film d’action. Et d’action, Paterson en est totalement dépourvu. C’est un sujet. Et puis, plus rien.

Nelly est rentrée de Paris. Je ne sais pas qui en avait le plus besoin — Daphné ou moi ?

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15.3.18

Nelly à Paris pour l’inauguration du salon du livre. Moi, je reste à Marseille. Avec Daphné. À qui j’ai expliqué hier ce que fait maman et ce que je fais moi. De toute façon, aucune envie de participer à cette horrible foire. Les fois où, quand je vivais à Paris, il m’est arrivé de m’y rendre — en tant que salarié de l’édition ou auteur —, j’ai ressenti un malaise, sincère, parce que je ne comprenais pas ce que je faisais là, je ne comprenais qu’on puisse vouloir être là. À présent que je vis à Marseille, c’est loin. Physiquement. On pourrait penser que je fais la morale, mais c’est autre chose, comme ne plus sentir le même air, ne plus pouvoir sentir le même air, je ne le pouvais déjà pas quand j’y étais (pense à l’angoisse permanente des années Grasset), mais je suis ailleurs, désormais, et je m’y sens mieux.

Quelque chose de la lumière.

Une autre ville = une autre vie. Équation simpliste, non ?

Après-midi de rumination colérique ; quand tu es déjà passé à autre chose et que tu attends que le monde te suive, mais qu’il traîne désespérément. Ou que c’est toi qui le traîne ­— comme un poids mort. Et puis fatigue.

14.3.18

Les histoires américaines sont devenues universelles. Et si moi, elles ne me parlent pas, est-ce que je suis trop particulier ? Ou est-ce que les récits universels signent toujours de nouveau la mort de l’âme ?

Bien sûr, l’âme en tant que chose n’est guère plus qu’un élément du folklore de la science-fiction, mais on peut aussi l’entendre comme l’idée d’une signification singulière, qui ne joue pas la grande échelle — les récits universels sont fondamentalement vagues, ils peuvent dire tout et n’importe quoi, puisqu’il faut que le plus grand nombre s’y retrouve —, mais l’échelle microscopique d’un individu qui se met à parler et ne s’arrête plus.

Un individu commence à faire usage du langage et plus rien ni personne ne peut l’arrêter. C’est la fin du monde. C’est le commencement du monde.

Pourtant, la lumière qui illumine Marseille me parle. Mais ce n’est pas un récit. N’est-ce pas un récit ? N’est-ce pas au contraire le début de tout récit : une question se pose et une atmosphère l’éclaire sous un jour nouveau ?

La lumière de la Méditerranée à la fin de l’hiver, quand le ciel est bleu pur ou quasi, a quelque chose de la vérité ; une vérité qui ne serait pas une réponse à une question, mais un nouvel univers pour toutes les questions qui nous hantent, nous habitent, font que nous ne désespérons pas, que nous sommes encore en vie.

Deux jours et puis le ciel s’est couvert. Est-ce la lumière qui importe tant ? Ou bien sa possibilité ? Qu’elle soit strictement possible ne me suffirait pas, mais qu’elle le soit dessine un horizon vivable.

33 pages de poèmes dans le carnet gris aujourd’hui.

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13.3.18

Pourquoi est-ce que, souvent, on ne dit pas le plus important ?

S’efforce-t-on de le taire ? Même pas. Est-ce alors qu’il nous échappe ?

Mais si le plus important nous échappe, pourquoi ne consacrons-nous pas la plupart de notre temps à le découvrir ? Tant de choses dites, combien m’importent d’entre elles ? Je réfléchis un instant et une réponse me vient : aucune. Alors, c’est que rien n’a d’importance. Pas cela, pas pour moi. Tant de choses ont de l’importance pour moi.

Aujourd’hui, je suis allé à la Bonne Mère pour la première fois de ma vie. J’ai vécu vingt ans à Marseille avant de vivre à Paris et, pourtant, je n’y étais jamais entré. Je m’étais rendu sur le site avec un ami, un soir, mais je n’avais jamais pénétré dans la basilique proprement dite.

Dans la basilique, au-dessus de la tête de la Vierge à l’enfant, on peut voir un bateau.

En me promenant là, au milieu des touristes, j’ai eu la sensation d’aimer l’espace.

Ensuite, j’ai repris la voiture, et je suis rentré chez moi par la Corniche. Je me suis arrêté deux fois — pour regarder la mer.

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